| |
| "L'homme qui en savait trop", par Jean-François Julliard Secrétaire général de Reporters sans Frontières (29 avril 2010). | 30 Avr. 2010 à 19:47 | | Le journaliste Guy-André Kieffer avait-il mis le doigt sur une affaire gênante pour le clan Gbagbo ? Six ans après sa disparition, ses proches espèrent enfin connaître la vérité. Retour sur une affaire qui envenime les relations entre Paris et Abidjan Le principal suspect de l'enlèvement de Guy-André Kieffer, l'ex-officier de l'armée ivoirienne Jean-Tony Oulaï, a été remis en liberté le 16 avril 2010 par la justice française. Hasard du calendrier, cette date était également celle du sixième anniversaire de la disparition du journaliste franco-canadien. Paradoxalement, cette nouvelle a été accueillie comme un soulagement par la famille de la victime mais aussi probablement par le juge en charge du dossier, Patrick Ramaël. Dans ce genre d'affaire criminelle, la détention provisoire ne peut excéder trois ans et, lorsqu'elle arrive à son terme, elle entraîne automatiquement la clôture du dossier. Maintenir plus longtemps le suspect ivoirien en prison aurait obligé le magistrat instructeur à boucler l'affaire avant l'été. Désormais, il a le champ libre. Le 16 avril 2004, en début d'après-midi, Guy-André Kieffer, journaliste basé en Côte d'Ivoire, a rendez- vous devant un supermarché d'Abidjan avec Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l'épouse du chef de l'Etat. Guy-André Kieffer ne donnera plus jamais de nouvelles. Quelques jours plus tard, sa voiture sera retrouvée sur le parking de l'aéroport. Puis plus rien. Ancien de « la Tribune », il écrivait pour la presse ivoirienne et « la Lettre du Continent », une publication française spécialisée sur l'Afrique. Il enquêtait sur les matières premières et notamment sur la filière café-cacao, vitale pour l'économie ivoirienne. Guy-André Kieffer était gênant. Il était de ces journalistes qui fouillent à droite et à gauche, posent beaucoup de questions et finissent un jour ou l'autre par mettre le doigt sur des informations embarrassantes pour des personnes haut placées. Il était connu de tout le monde à Abidjan. Sans s'en rendre compte, Guy-André Kieffer vivait dangereusement. Aujourd'hui, Jean-Tony Oulaï est muet. Certainement sur les conseils de son avocat - le ténor du barreau Patrick Maisonneuve, également avocat du défunt président gabonais Omar Bongo et de l'Eglise de Scientologie -, il refuse de répondre aux questions du juge français. En revanche, trois jours après sa libération, il a fait paraître un texte dans un journal très proche du pouvoir ivoirien. Il y fustige « les carences professionnelles et les tares personnelles » du juge d'instruction et appelle RFI à « définitivement renoncer à diaboliser la première dame, Simone Ehivet Gbagbo ». Si Oulaï sort de son silence uniquement pour venir au secours de la présidence, d'autres ont parlé. Son chauffeur, Berté Seydou, a été le premier à livrer un témoignage crédible sur les circonstances de l'enlèvement de Guy- André Kieffer. En 2007, il raconte à France 3 comment le journaliste a été enlevé sur le lieu de son rendez-vous, puis conduit dans les sous-sols de la présidence ivoirienne. Après quelques jours sur place, il aurait été conduit dans un camp militaire et tué par accident. Pour faire peur à Guy-André Kieffer, Jean-Tony Oulaï aurait tiré en l'air. Un soldat aurait interprété ce geste comme un signal et fait feu, à son tour, logeant deux balles dans le dos du journaliste. Un second témoin, se présentant comme le major Alain Gossé, a corroboré ce récit quelques mois plus tard. Une histoire très politisée : Cette version est balayée d'un revers de main par les autorités ivoiriennes. En septembre 2009, le procureur d'Abidjan, Raymond Tchimou, a remis en question le décès du journaliste. « On ne cherche plus un homme mort mais quelqu'un qui a été exfiltré de la Côte d'Ivoire et qui vit actuellement », a-t-il déclaré à l'AFP Des propos inacceptables pour la famille de la victime qui, six ans après les faits, a toujours du mal à faire son deuil. La fille de Guy-André, Canelle, est sortie de son silence pour dénoncer la brutalité des paroles du magistrat. Avant ce coup d'éclat, les juges ivoiriens chargés du dossier s'en étaient pris à l'image de Guy- André Kieffer. A plusieurs reprises, ils ont tenté de démolir sa réputation, remettant en question le fait même qu'il était journaliste. Jusqu'à Laurent Gbagbo qui, en octobre dernier, dénonçait une histoire « hautement politisée ». Ce dossier criminel est devenu une véritable affaire d'Etat en 2007 lorsque Nicolas Sarkozy, recevant la famille Kieffer, leur a indiqué que les relations entre la France et la Côte d'Ivoire ne seraient pas normalisées tant que la vérité n'aurait pas éclaté. Le juge Ramaël a pris les propos du chef de l'Etat au pied de la lettre. Il a utilisé tous les moyens à sa disposition pour mener l'enquête à son terme. Y compris une perquisition à l'Elysée pour mettre la main sur des informations confidentielles. Une première dans les annales de la République. Le ton était donné : hors de question d'abandonner. Dernier ressort judiciaire utilisé par le juge, l'appel à la Cour pénale internationale (CPI). Patrick Ramaël l'a saisie d'une demande d'entraide judiciaire concernant un rapport établi par les Nations unies sur les «escadrons de la mort » qui ont semé la violence en Côte d'Ivoire au début des années 2000. Il cherche ainsi à savoir si plusieurs personnes impliquées dans le dossier Kieffer apparaissent également dans les rapports remis à la CPI. Pour le moment, la Cour n'a pas réagi à la demande du juge français. Si cela ne suffit pas, il lui reste un atout en main. Avec son confrère Nicolas Blot, il est également saisi du dossier Xavier Ghelber, un avocat français brièvement enlevé à Abidjan en novembre 2004. Alors missionné par l'Union européenne pour étudier la filière cacao, l'avocat est kidnappé dans sa chambre d'hôtel en pleine nuit par des militaires de la garde présidentielle. Heureusement pour lui, les soldats cafouillent, le chef du commando tire une balle par erreur et se blesse au genou. Désemparés, ses hommes remettent finalement le Français à la gendarmerie, qui le libère sur-le-champ. De troublantes similitudes existent entre les deux dossiers. Des noms reviennent, notamment celui de Patrice Baï, garde du corps attaché à la sécurité du président Laurent Gbagbo. La famille de Guy-André pense n'avoir jamais été aussi proche de la vérité. Ce n'est plus qu'une affaire de volonté politique. Comme le rappelle Alexis Gublin, avocat du clan Kieffer : « Il n'y a pas d'enquêtes qui n'aboutissent pas. Il n'y a que des enquêtes qui sont arrêtées trop tôt. » JEAN-FRANCOIS JULLIARD Secrétaire général de RSF |  | | La chronologie de l’affaire Guy-André Kieffer (avec l'aide de Reporters sans Frontières) | 17 Avr. 2010 à 12:28 | | Voici la chronologie de l’affaire Guy-André Kieffer : - Début 2004 : Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer vit en Côte d’Ivoire depuis fin janvier 2002. Ancien journaliste au quotidien économique La Tribune, il collabore à plusieurs revues spécialisées et à La Lettre du Continent, publication basée en France et consacrée à l’Afrique. Il a aussi pour habitude d’écrire dans la presse locale, sous couvert d’un pseudonyme. Spécialisé dans les matières premières et les affaires économiques et financières, il enquête sur les malversations dans la filière cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial. - 16 avril 2004 : A 13 heures, le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer est enlevé sur le parking d’un supermarché, à Abidjan, alors qu’il avait rendez-vous avec Michel Legré, le beau-frère de Simone Gbagbo. L’enlèvement n’est pas revendiqué. - 28 avril 2004 : La famille de Guy-André Kieffer porte plainte contre X, à Paris, pour enlèvement et séquestration. - Début mai 2004 : La voiture de Guy-André Kieffer est retrouvée sur le parking de l’aéroport d’Abidjan. - 27 mai 2004 : 40 jours après l’enlèvement, les autorités judiciaires ivoiriennes ouvrent une enquête. - Mai 2004 : Entendu à deux reprises par le juge d’instruction français Patrick Ramaël, Michel Legré cite au moins huit noms de personnes impliquées, selon lui, dans l’enlèvement. - 28 mai 2004 : A la demande de la justice ivoirienne, Michel Legré est inculpé de "complicité d’enlèvement, séquestration et assassinat". Il est incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). - Juin-Juillet 2004 : L’examen de l’ordinateur portable et du téléphone de Guy-André Kieffer, remis aux autorités par Michel Legré, révèle qu’ils ont été utilisés peu de temps après sa disparition, confirmant la thèse de l’enlèvement pour des motifs professionnels. - Juillet 2004 : Michel Legré met en cause le ministre de l’Economie et des Finances, Paul-Antoine Bohoun Bouabré. Ce dernier lui aurait personnellement remis une enveloppe contenant un million de francs CFA (environ 1 500 euros) le 16 avril, quelques heures après l’enlèvement du journaliste. - 3-15 octobre 2004 : Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos, juge d’instruction cosaisie du dossier, entendent plusieurs personnalités citées par Michel Legré en Côte d’Ivoire. - 11 octobre - 13 décembre 2004 : Le 11 octobre, Michel Legré est mis en examen pour "enlèvement et séquestration" par le juge Patrick Ramaël. Dix jours plus tard, le juge délivre un mandat d’arrêt à l’encontre de Michel Legré. Ce dernier étant incarcéré à Abidjan, le mandat peut ainsi permettre son extradition vers la France. Le 13 décembre, le juge Patrick Ramaël demande la remise temporaire pour deux mois de Michel Legré aux autorités françaises. - 12-26 février 2005 : Patrick Ramaël séjourne en Côte d’Ivoire. Sa demande de remise temporaire de Michel Legré n’est toujours pas parvenue aux autorités ivoiriennes en raison d’un blocage au sein du quai d’Orsay. - 22 mars 2005 : Le portrait de Guy-André Kieffer est accroché place de la Nation, à Paris. - 14 avril 2005 : Osange Silou Kieffer, épouse du journaliste, est informée que la demande de remise temporaire de Michel Legré exprimée par le juge Ramaël est enfin parvenue au ministère ivoirien de la Justice. - 15 avril 2005 : Reporters sans frontières, Osange Silou Kieffer et le comité de soutien "Vérité pour Guy André Kieffer" déversent du cacao liquide et des faux dollars devant l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris. - 14 septembre 2005 : La famille de Guy-André Kieffer lance un appel aux Ivoiriens qui auraient des informations sur sa disparition. - 11 janvier 2006 : Un capitaine de l’armée ivoirienne, Jean-Tony Oulaï, est arrêté en banlieue parisienne. Deux jours plus tard, il est mis en examen et écroué en France. Des éléments concordants laissent penser qu’il a pu être le chef du commando qui a kidnappé et fait disparaître Guy-André Kieffer. - 16 avril 2006 : Deux ans après la disparition du journaliste, rassemblement de solidarité à Paris à l’appel de la famille et de Reporters sans frontières. - 12 juin 2006 : La famille de Guy-André Kieffer lance un appel solennel aux pouvoirs publics français pour qu’ils mettent en œuvre tous les moyens dont ils disposent pour faire enfin la lumière sur cette affaire. L’enquête n’a toujours pas avancé, Michel Legré n’a toujours pas été remis aux autorités françaises. - 28 octobre 2006 : Opération "Que savait Guy-André Kieffer ?" : des militants de Reporters sans frontières interviennent au Salon du chocolat à Paris. 29 mois après sa disparition, l’enquête est toujours au point mort. - 22 mars 2007 : La famille et les comités de soutien à Guy-André Kieffer lancent un appel aux candidats à l’élection présidentielle. Ils leur demandent de s’engager dans "un combat sans relâche pour que la vérité soit établie". - 13 avril 2007 : Osange Silou-Kieffer est reçue par Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, qui a régulièrement évoqué l’affaire lors de ses visites à Abidjan. Celle-ci prend l’engagement de faire du dossier "une priorité". - 16 avril 2007 : Reporters sans frontières lance, avec la famille et les comités de soutien, une campagne d’affichage sauvage par pochoir. Le portrait du journaliste, surmonté de la question : "Où est Guy-André Kieffer ?", est peint en différents endroits de Paris, et notamment devant l’ambassade de Côte d’Ivoire. - 22 août 2007 : Le président de la République, Nicolas Sarkozy, reçoit Osange Silou-Kieffer et des membres de la famille du journaliste à l’Elysée. Il s’engage à ce que la France donne aux juges français les moyens de faire leur travail, notamment pour entendre tous les témoins et auteurs supposés de l’enlèvement du journaliste. - 16 avril 2008 : A l’occasion du quatrième anniversaire de son enlèvement, le portrait du journaliste Guy-André Kieffer est accroché sur la façace de la mairie du 20e arrondissement de Paris. - 8 juillet 2008 : Le juge français Patrick Ramaël déclare avoir convoqué, le 10 juillet, comme témoins dans le cadre de l’affaire Kieffer, Simone Gbagbo, l’épouse du président ivoirien Laurent Gbagbo, et Paul-Antoine Bohoun Bouabré, ancien ministre de l’Economie, dont les noms ont été cités à plusieurs reprises lors d’interrogatoires. Deux jours plus tard, Simone Gbagbo et Paul-Antoine Bohoun Bouabré ne se rendent pas à la convocation du juge. - 21 juillet 2008 : Un témoin prend contact avec le juge Patrick Ramaël, expliquant qu’il est disposé, sous couvert de l’anonymat, à fournir des informations. Trois jours plus tard, le juge est autorisé par le procureur de la République et le juge des détentions et des libertés à entendre ce témoin, dont l’identité est communiquée, conformément à la procédure. Une semaine plus tard, ce témoin se présente au palais de justice pour être entendu, mais signifie au juge qu’il ne souhaite plus témoigner. Il fait état de "pressions", et cite notamment Patrick Ouart, conseiller du président Nicolas Sarkozy, chargé des questions de justice. - 23 septembre 2008 : Lors de son audition, Patrick Ouart nie avoir pris contact avec un témoin quelconque et avoir exercé des pressions sur lui. Le lendemain, il dépose plainte contre X pour "dénonciation calomnieuse". - 17 octobre 2008 : La justice ivoirienne lance un mandat d’arrêt international contre Berté Seydou, un Ivoirien vivant en France et principal témoin du juge français Patrick Ramaël. Ce témoin affirme avoir été le chauffeur du chef du commando qui a enlevé Guy-André Kieffer et dit avoir assisté à son assassinat, sur ordre de Mme Gbagbo. - 16 mars 2009 : Convoquée à Paris par le juge Ramaël dans le cadre de l’affaire Kieffer, Simone Gbagbo accepte d’être entendue, mais uniquement à Abidjan. - 8 avril 2009 : La famille de Guy-André Kieffer, Reporters sans frontières et les comités de soutien adressent une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy, lui demandant de refaire de ce dossier une priorité pour la France. - 16 avril 2009 : A l’occasion du cinquième anniversaire de l’enlèvement de Guy-André Kieffer, sa famille, les comités de soutien et Reporters sans frontières organisent une manifestation sur la place de la Bastille à Paris ainsi qu’une soirée "Musique et Poésie" au Cabaret Sauvage. - 19 avril 2009 : Arrivée des magistrats français Patrick Ramaël et Nicolas Blot à Abidjan afin d’auditionner des témoins clés dans l’affaire. - 22 avril 2009 : Le ministre d’Etat ivoirien chargé du plan, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, et Madame Gbagbo sont entendus par les magistrats dans les locaux de la Cour suprême ivoirienne à Abidjan. La veille, le chef de la sécurité de la présidence Patrice Baï, et Seka Yapo Anselme, le chargé de la sécurité de Mme Gbagbo, ont également été auditionnés. - 25 avril 2009 : Départ des juges français d’Abidjan après avoir enfin entendus tous les témoins qu’ils souhaitaient auditionner. - 22 juillet 2009 : Diffusion d’une interview réalisée par France 3 avec un homme se présentant comme un ex-major de l’armée ivoirienne, Alain Gossé. Il dit avoir été témoin du meurtre de Guy-André Kieffer, et accuse trois hommes, proches du couple présidentiel, d’avoir participé aux interrogatoires du journaliste. Selon lui, Guy-André Kieffer aurait été transféré, le 19 avril 2004, dans un village proche d’Abidjan, où il aurait été tué accidentellement par une balle lors d’un interrogatoire musclé. - 28 octobre 2009 : Le parquet militaire ivoirien dépose plainte contre Alain Gossé pour faux et usage de faux nom, faux grade et faux uniforme. Les autorités ivoiriennes contestent l’appartenance d’Alain Gossé aux effectifs des forces armées nationales de Côte d’Ivoire. Selon elles, aucune personne se nommant ainsi n’a travaillé pour la présidence de la République. - 2 décembre 2009 : Les juges français ont saisi la cour pénale internationale d’une demande d’entraide judiciaire sur l’éventuelle implication d’Ivoiriens dans des escadrons de la mort. La demande d’entraide vise Madame Gbagbo, le ministre ivoirien du Plan, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, et l’ancien ministre de la Défense Kadet Bertin. - 15 avril 2010 : A l’occasion du sixième anniversaire de l’enlèvement de Guy-André Kieffer, une conférence de presse se tient dans les locaux de Reporters sans frontières, à Paris. Une autre, animée par le collectif ivoirien Vérité Guy-André Kieffer, a lieu à Abidjan, avec le soutien de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Pour la première fois, des visuels 4X3 avec le portrait de Guy-André Kieffer sont affichés dans les rues et les avenues d’Abidjan. - 16 avril 2010 : La famille de Guy-André Kieffer, les comités de soutien et Reporters sans frontières organisent une soirée de soutien au Musée Dapper. Le même jour, le capitaine Jean Tony Oulaï, prétendu officier de l’armée ivoirienne cité dans l’affaire, est remis en liberté provisoire (sous contrôle judiciaire) par les autorités judiciaires françaises. |  | | Conférences de presse simultanées à Paris et à Abidjan pour la vérité dans l'affaire Guy-André KIEFFER | 17 Avr. 2010 à 12:22 | | A l’occasion du sixième anniversaire de l’enlèvement, à Abidjan, du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, deux conférences de presse ont été organisées simultanément, le 15 avril 2010, à Paris et à Abidjan. A Paris, dans les locaux de Reporters sans frontières, Bernard et Eric Kieffer, les frères du journaliste, et Canelle, sa fille, se sont exprimés aux côtés de Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation, et de maître Alexis Gublin, avocat à la Cour. A Abidjan, la conférence de presse avait lieu à la Maison de la Presse, à l’initiative du Collectif ivoirien Vérité Guy-André Kieffer. Dans le même temps, plusieurs affiches de format 4mX3m ont été placardées sur des panneaux publicitaires, en plusieurs endroits fréquentés d’Abidjan. Ces affiches, qui resteront pour une durée de quinze jours, comportent le texte suivant : "16 avril 2004 – 16 avril 2010 : 6 ans déjà que notre ami et confrère Guy-André Kieffer a disparu à Abidjan". A l’initiative du Collectif ivoirien Vérité Guy-André Kieffer et de Reporters sans frontières, le même visuel, comprenant également la mention "Où est-il ?", paraît à partir du 15 avril dans plusieurs titres de la presse ivoirienne (Soir Info, L’Inter, L’Intelligent d’Abidjan, Le Nouveau Réveil, L’Expression, Le Patriote). Le vendredi 16 avril, jour anniversaire de la disparition de Guy-André Kieffer, une soirée de soutien aura lieu au musée Dapper, à Paris, à partir de 19 heures, avec la projection du film "Aliker" de Guy Deslauriers, et une discussion autour du thème "Journaliste : métier à risques". Jean-François Julliard s’est dit "inquiet de voir cette affaire s’enliser". Il a souligné que "davantage de volonté politique, tant du côté ivoirien que du côté français, pourrait permettre de dépasser les blocages." Après avoir salué les efforts des juges d’instruction français, Bernard Kieffer a regretté qu’aucune contre-partie ne soit réclamée par les autorités françaises en échange de l’amélioration des relations franco-ivoiriennes. "Pourquoi les autorités ont elle accepté, fin 2009, de restructurer la dette publique de la Côte d’Ivoire vis-à-vis de la France et de réduire de 90 % le service de la dette due à la France jusqu’en 2012 sans négocier en même temps la moindre contrepartie judiciaire dans l’affaire Kieffer", s’est-il interrogé. "Nous écrivons au président Sarkozy. Il ne nous répond pas", a-t-il poursuivi. Enfin, l’avocat de Bernard et Eric Kieffer, maître Alexis Gublin, a estimé que la libération provisoire de Jean-Tony Oulaï, prévue le 16 avril 2010, était un élément positif car "elle accorde plus de temps au juge Ramaël et devrait ainsi donner un nouveau départ à la procédure française" Canelle Kieffer a quant à elle demandé aux deux chefs d’Etat, français et ivoirien, d’aider la famille à connaître enfin la vérité. Maître Rodrigue Dadjé, avocat de la première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, s’est invité à la conférence de presse et a assuré qu’il n’existait aucun blocage du côté ivoirien et que la justice de son pays collaborait pleinement avec le juge Ramaël à chaque fois que ce dernier demandait une commission rogatoire. Il a demandé pourquoi "la piste française", évoquant le fait que Guy-André Kieffer pourrait avoir disparu dans un règlement de comptes entre Français, était mise de côté. "Simplement parce que s’agissant de cette piste française, il n’y a jamais eu le début d’un commencement d’éléments probants", a répondu Bernard Kieffer. "Ni le juge Ramaël, ni Reporters sans frontières, partie civile dans cette affaire, ne privilégient une piste a priori. Si la piste française est écartée, c’est parce qu’elle ne paraît pas sérieuse et que rien ne vient l’étayer, au contraire des autres pistes", a tenu à rappeler Jean-François Julliard. Rappel des faits Le 16 avril 2004, le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer a été kidnappé par un commando sur le parking d’un supermarché d’Abidjan, après avoir été attiré dans un piège par Michel Legré, beau-frère de Mme Simone Gbagbo, l’épouse du président Laurent Gbagbo. Michel Legré a été mis en examen le 21 octobre 2004 par le juge d’instruction français Patrick Ramaël pour “enlèvement et séquestration”. Supposé être placé en résidence surveillée à Abidjan, après un an et demi de détention, il circule pourtant librement, y compris hors du pays. Jean-Tony Oulaï, un ressortissant ivoirien se disant “ex-capitaine” de l’armée, et que certains témoins accusent d’avoir supervisé l’enlèvement du journaliste, a également été mis en examen pour “enlèvement et séquestration” en janvier 2006 en France. Arrêté fin 2007, il doit être remis en liberté provisoire, le 16 avril 2010, après deux ans et demi de détention. L’enquête sur cette affaire se heurte aux relations tumultueuses entre la France et la Côte d’Ivoire, aux difficultés pour mener des recherches sur place, et à l’omerta qui entoure les protagonistes de l’affaire, tous proches de la présidence ivoirienne. |  | | KIEFFER/GHELBER, même combat ! | 08 Janv. 2010 à 16:15 | | L’Ordre des avocats du barreau de Paris s’est constitué partie civile dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement, en 2004, à Abidjan (Côte d’Ivoire) de Me Xavier Ghelber, avocat parisien missionné par l’Union européenne, pour les chefs d’« enlèvement et séquestration », a précisé l’intéressé, joint vendredi 8/01 par téléphone. Une affaire instruite depuis fin 2004 par le juge parisien Patrick Ramaël, qui enquête également sur la disparition de Guy-André Kieffer, disparu le 16 avril 2004 à Abidjan dans des circonstances similaires à celles de l'enlèvement de Me Ghelber. Le Bulletin du barreau, transmis par l’intéressé, indique : « Le 7 novembre 2004, en Côte d’Ivoire, dans le cadre d’une mission d’audit juridique et institutionnel des organisations de la procédure de la filière café-cacao, demandée par la Commission Européenne, qu’il dirigeait, Me Xavier Ghelber, avocat au barreau de Paris, a été victime d’un enlèvement. Ses ravisseurs se présentaient comme des militaires qui auraient été membres des escadrons de la mort en Côté d’Ivoire. Après avoir essuyé des coups de feu, Me Ghelber a été enlevé à son hôtel. Il a été conduit sous la menace des armes au sein de la résidence du Président de la République ivoirienne où il a fait l’objet de menaces d’exécution répétées. Finalement, il a été placé sous la protection d’officiers de gendarmerie qui l’ont extrait de la résidence présidentielle, ce qui a permis son exfiltration par les forces françaises le 9 novembre… ». La constitution de partie civile a été déposée mercredi 6 janvier auprès du juge Patrick Ramaël. Au barreau de Paris, on rappelle que le juge Ramaël a saisi la Cour Pénale Internationale fin 2009 d’une demande d’entraide judiciaire sur des personnalités ivoiriennes, dans le cadre de l’Affaire Kieffer. Et que le juge Ramaël est « connu pour sa ténacité et son indépendance vis-à-vis des politiques ». Bernard KIEFFER |  | | Acte manqué : la question qui n'a pas été posée... | 24 Déc. 2009 à 0:07 | | Le 9 décembre 2009, RFI nous apprend que la Côte d'Ivoire a signé un important accord de restructuration de sa dette publique vis-à-vis de la France : cet accord réduit de 90 % le service de la dette due à la France jusqu'en 2012. C'est le coup d'éponge que la Côte d'Ivoire attendait, le passage à l'ardoise magique qui conduit à annuler 200 milliards de francs CFA de dette ivoirienne à la France ! On aurait pu imaginer, un bref instant et dans notre grande naïveté, que les négociateurs français de ce bel accord franco-ivoirien auraient pu en profiter pour négocier en même temps quelque contrepartie judiciaire sur le registre "Dites-nous où est passé Guy-André Kieffer ? Rendez-nous le ou dites-nous ce que vous en avez fait ?"... C'eût été la question à 200 milliards de francs CFA. Que nenni ! Rien de tout cela. Il est vrai que Laurent Gbagbo en assez de l'affaire Kieffer : "ça commence à bien faire..." a-t-il déclaré à ce propos la semaine suivante. Il eût donc sans doute été malvenu de l'ennuyer avec ce vil marchandage. Joyeux Noël tout de même à nos fins négociateurs, Bernard KIEFFER, le 24/12/2009 |  | | Une commission rogatoire du juge Ramaël devant la Cour Pénale Internationale | 04 Déc. 2009 à 19:30 | | Selon la BBC et lefigaro.fr, Bernard Kieffer, le frère du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, disparu en 2004 en Côte d'Ivoire, a annoncé mercredi 2 décembre 2009 que le juge Patrick Ramaël en charge de l’enquête a récemment saisi la Cour pénale internationale de La Haye d’une commission rogatoire*. Objectif : « Collecter des informations » sur des membres présumés des escadrons de la mort qui sévissent en Côte d’Ivoire. Ceux-ci seraient notamment responsables de l’enlèvement et de la mort de Guy-André Kieffer. Pour Bernard Kieffer, joint par lefigaro.fr, il s’agit d’une « nouvelle étape » dans le dossier de la disparition de son frère. « On passe au niveau international », ajoute-t-il alors que coexistent actuellement deux enquêtes, l’une ivoirienne, l’autre française, dans cette affaire. L’enquête française cible notamment l’entourage de la première dame ivoirienne, Simone Gbagbo. Selon Bernard Kieffer, le lancement de cette commission rogatoire ne signifie pas que cette piste soit abandonnée. « On présume que Simone Gbagbo n’est pas très éloignée des escadrons de la mort », explique-t-il. Par ailleurs, selon le frère de Guy-André Kieffer, cette commission pourra permettre de réunir des informations sur d’autres disparitions suspectes ou tentatives d’enlèvement. Il a cité l’exemple de l’avocat français Xavier Ghelber, enlevé puis libéré en 2004 en Côte d’Ivoire. Le président Laurent Gbagbo déplore la "politisation" du dossier GA. Kieffer : Dans un entretien à France 24 diffusé hier soir, le président ivoirien Laurent Gbagbo a expliqué que l’affaire Kieffer ne constituait « pas un problème » entre les gouvernements français et ivoirien. Il a reproché en revanche aux juges en charge du dossier en France, Patrick Ramaël et Nicolas Blot, de vouloir « politiser cette affaire ». * Acte par lequel un juge d'instruction délègue ses pouvoirs à un autre magistrat ou à un officier de police judiciaire, à l'effet de faire procéder, à sa place, à un ou plusieurs actes d'instruction. BBC AFRIQUE |  | | Gros succès du concert de soutien du 3 octobre 2009 à Lyon | 09 Oct. 2009 à 19:18 | | Oui, gros succès pour ce concert de soutien qui s'est déroulé dans la très belle abbaye d'Ainay, au coeur de Lyon. Cette abbaye était pleine à craquer, pour ce concert organisé par Jeanne et Bernard KIEFFER avec l'aide chaleureuse et efficace de nombreux amis et du Club de la presse de Lyon, du Comité de soutien lyonnais aux journalistes disparus et de RSF. L'Orchestre symphonique de Lyon et la Chorale de Montanay, La Montadour, ont proposé avec beaucoup d'amitié un spectacle de très haute qualité qui répondait parfaitement au besoin de "bruit noble" qui était le nôtre, pour cette soirée dédiée à GA. KIEFFER. Merci à tous ceux qui ont contribué au succès de cette très belle soirée ! |  | | "Poker menteur", par Vincent HUGEUX (L'Express) | 09 Oct. 2009 à 19:16 | | Voici l'intéressante analyse de Vincent HUGEUX, à la suite des derniers rebondissements de l'affaire Guy-André KIEFER Les vaines fouilles menées mercredi dans une forêt proche d'Abidjan s'apparentent à la énième levée de la longue partie de poker menteur engagée entre Paris et Abidjan. Sur le front de "l'affaire Kieffer", le bras de fer engagé entre juges français et magistrats ivoiriens oscille entre le jeu de go, la partie d'échecs et le poker menteur. Dernier avatar en date de ce duel à fleurets plus ou moins mouchetés: les fouilles infructueuses menées hier mercredi dans la forêt du Banco, voisine d'Abidjan, en quête d'un cadavre qui aurait pu être celui du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, enlevé le 16 avril 2004 et porté disparu depuis lors. Déclenchées sur commission rogatoire du juge parisien Patrick Ramaël, les recherches visaient -sans se bercer d'illusions- à vérifier la validité d'un témoignage recueilli récemment au Togo et en Côte d'Ivoire. Un jeune Ivoirien affirme en effet avoir assisté à cet endroit, à l'époque du rapt, à l'exécution sommaire puis à l'inhumation d'un individu cagoulé et entravé de type européen, par un groupe d'hommes en armes. Le récit a semblé suffisamment détaillé pour mériter une vérification, même s'il serait imprudent d'exclure une manoeuvre de diversion téléguidée. On en a vu d'autres. Les affiches avec les visages du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer et du photographe français Fred Nerac (à gauche), tous deux disparus. Les affiches avec les visages du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer et du photographe français Fred Nerac (à gauche), tous deux disparus. En apparence, le ratissage opéré au bulldozer et à la pelle au bout d'un sentier forestier reflète une coopération judiciaire exemplaire entre les deux pays. Comme indiqué ce jeudi matin sur les ondes de RFI, trois magistrats ivoiriens, dont le juge d'instruction Koffi Kouadio et deux substituts du procureur Raymond Tchimou, escortaient obligeamment leurs collègues hexagonaux, Brigitte Jolivet et Nicolas Aubertin. Plus insolite, la présence de Me Rodrigue Dadjé, avocat de Simone Ehivet Gbagbo, l'épouse du président Laurent Gbagbo. C'est qu'en réalité, chacun des acteurs de cette scène shakespearienne savait qu'il n'y avait guère de chance d'exhumer la dépouille de "GAK". Les Français se devaient, comme le concède Bernard Kieffer, frère du disparu, de "fermer une porte" un temps entr'ouverte. Quant aux Ivoiriens, qui persistent à explorer une hypothétique "piste française", ils affichaient la sérénité de ceux qui savent une telle prospection forestière vouée à l'échec. A leurs yeux, l'épisode tend à accréditer une thèse déjà avancée par "Simone" dans un ouvrage autobiographique paru début 2007: en l'absence de corps, rien ne prouve que le journaliste a été kidnappé puis assassiné. Relayé en cela, voire précédé, par Me Dadjé, le procureur Tchimou s'emploie à corseter la procédure dans ce syllogisme bancal: pas de cadavre, donc pas de meurtre; pas de meurtre, donc pas d'affaire. Sans fournir à ce stade la moindre preuve, le magistrat et l'avocat soutiennent que Kieffer aurait été "exfiltré" vers une retraite indéterminée... Ainsi, la guerre d'usure continue. Avec toutefois de nouveaux stratèges. Pour preuve, l'irruption dans le dossier de Me Patrick Maisonneuve, talentueux ténor du Barreau de Paris et désormais avocat de Jean-Tony Oulaï, chef du commando suspecté d'avoir enlevé Guy-André Kieffer. Conseil de plusieurs parties civiles du procès Clearstream, Me Maisonneuve a néanmoins trouvé le temps de plaider -vainement- voilà peu la remise en liberté de son client auprès du juge des libertés et de la détention. Il en va ainsi de toute partie de poker: plus on approche du dénouement, plus les joueurs misent gros. |  | | Un nouveau témoignage met en cause l'entourage du couple présidentiel ivoirien | 31 Août 2009 à 23:56 | | Voici ce qu'écrit Vincent HUGEUX, dans "L'Express" du 26/08/2009 : " Chargé de l'enquête sur la disparition à Abidjan (Côte d'Ivoire), en avril 2004, du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, le juge Patrick Ramaël a procédé jeudi 20 août, au Bénin, à l'audition d'un ex-sergent-chef de l'armée ivoirienne, Alain Gossé, lequel avait incriminé l'entourage de Simone Ehivet Gbagbo, l'épouse du président Laurent Gbagbo, dans une interview diffusée le 22 juillet sur France 3. Le témoignage de Gossé corrobore et complète le récit livré deux ans plus tôt à la même chaîne de télévision par Berté Seydou, le chauffeur de Jean-Tony Oulaï, chef présumé du commando ayant perpétré l'enlèvement de Kieffer. Il confirme notamment que celui-ci aurait été détenu et interrogé dans une cellule située dans l'enceinte même de la présidence. Récusé par les autorités ivoiriennes, qui le présentent comme un "imposteur" de nationalité burkinabé, Alain Gossé a fourni des informations détaillées qui attestent sa connaissance intime de l'appareil sécuritaire opérant auprès des époux Gbagbo. Un temps perdu de vue après la diffusion de son entretien télévisé, ce témoin clef a été retrouvé dans des circonstances rocambolesques: arrêté et détenu au Ghana, il est parvenu à alerter Joseph Tual, journaliste à France 3, alors en vacances en Croatie, par l'entremise d'un de ses geôliers, avant d'être "exfiltré" vers le Bénin. Mis à l'abri depuis son audition, il pourrait être transféré prochainement en France et y être confronté à Oulaï, mis en examen et incarcéré en France depuis 2006, et qui se mure depuis lors dans un silence obstiné ". Vincent HUGEUX, L’Express du 26/08/2009. |  | | Un nouveau témoignage à charge | 23 Juil. 2009 à 17:27 | | Le 23 juillet 2009, Thomas HOFNUNG publiait cet article dans le quotidien "Libération" : "C'est peut-être le premier vrai tournant dans l'enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer, enlevé à Abidjan en avril 2004 et porté disparu depuis lors. Le journaliste de France 3, Joseph Tual, a recueilli et diffusé ce mercredi le témoignage d'un homme qui, se présentant avec le grade de «major», dit avoir vu Guy-André Kieffer après son enlèvement dans les sous-sols de la présidence ivoirienne. Aujourd'hui réfugié à l'étranger, Alain Gossé raconte l'arrivée de "GAK" à la présidence, le 16 avril 2004, et ses interrogatoires à la présidence, puis dans une villa d'Abidjan, par trois officiers proches des époux Gbagbo: l'ancien chef de la sécurité présidentielle Patrice Baï, l'officier chargé de la sécurité de Simone Gbagbo, Seka Yapo Anselme, et le capitaine Jean-Tony Oulaï. Ces officiers, qui auraient appréhendé Kieffer sur un parking du centre d'Abidjan, semblent avoir été persuadés que journaliste était un agent des services de renseignement français. Sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, ou dans la publication spécialisée La Lettre du Continent, Kieffer multipliait les enquêtes et les révélations sur les malversations financières du régime de Laurent Gbagbo, notamment dans la filière cacao. Simone Gbagbo entendue en avril Le major Alain Gossé assure aussi que "GAK" aurait été tué, deux jours après son enlèvement. Afin de «lui faire peur» pour arracher ses aveux, Jean-Tony Oulaï aurait tiré en l'air. Placé derrière le journaliste, un soldat aurait à son tour tiré deux balles de kalachnikov dans le dos de Kieffer, «par erreur», selon le témoin. Le corps de Kieffer n'a pas été retrouvé à ce jour. Le major Gossé tend, dans son témoignage, à disculper en partie les époux Gbagbo de la fin tragique de "GAK". Selon lui, en effet, le chef de l'Etat et son épouse auraient appris, après-coup, la mort de Kieffer. Quoi qu'il en soit, les juges Patrick Ramaël et Nicolas Blot devront déterminer si trois officiers aussi proches de la présidence ivoirienne ont pu agir de leur propre chef. Simone Gbagbo a été entendue en avril dernier par les magistrats français. Tout comme l'ex-ministre ivoirien de l'Economie, Paul-Antoine Bohoun-Bouabré, régulièrement mis en cause par Kieffer. Par ailleurs, le major Alain Gossé devrait être rapidement confronté au capitaine Jean-Tony Oulaï, détenu en France depuis octobre 2007, dans le cadre de cette affaire". Thomas HOFNUNG, Libération |  | | LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT SARKOZY | 08 Avr. 2009 à 12:50 | | Monsieur le Président, Le 16 avril prochain marquera le cinquième anniversaire de l’enlèvement du journaliste français Guy- André KIEFFER à Abidjan en Côte d’Ivoire. Vous avez bien voulu recevoir sa famille le 22 août 2007 et vous lui avez fait un certain nombre de promesses qui ont été en partie tenues, ce dont nous vous remercions. Mais, nous n’avons plus la certitude que ce dossier soit encore une priorité pour la France, comme vous nous l’avez indiqué lors de cet entretien. En effet, malgré le travail exemplaire effectué par les juges français en charge de cette affaire, son instruction se heurte à d’innombrables obstacles, compte tenu des personnalités ivoiriennes citées dans le dossier. Monsieur le Président, vous portez plus que jamais nos espoirs de connaître la vérité sur le sort de Guy-André KIEFFER. Vous avez démontré votre capacité à intervenir positivement dans les plus délicats dossiers internationaux : celui-ci ne pourra se résoudre qu’avec un accompagnement politique fort de votre part. Aussi, nous vous demandons, à l’aube de ce triste anniversaire, de replacer ce dossier parmi vos priorités en intervenant auprès des autorités ivoiriennes pour qu’elles mettent tout en oeuvre pour faire enfin émerger la vérité. Un signe fort de leur bonne volonté consisterait à satisfaire l’une des principales requêtes de l’ensemble des parties civiles : la mise à la disposition de la justice française, du principal témoin, Monsieur Michel LEGRE. Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre haute considération. Canelle et Sébastien KIEFFER Enfants de Guy-André KIEFFER Jean-François JULLIARD Secrétaire général Reporters sans frontières Aline RICHARD Comité Vérité pour Guy-André KIEFFER Firmine RICHARD Association des originaires d’Outre-Mer pour Guy-André KIEFFER Françoise LOEILLET Comité breton de soutien à Guy-André KIEFFER |  | | Deux avocats parisiens pour Simone Gbagbo et Paul Bohoun Bouabré | 28 Fév. 2009 à 19:55 | | Simone Gbagbo et le ministre Paul Bohoun Bouabré, dont les noms reviennent avec insistance chaque fois que l'on évoque l'affaire GA. Kieffer, auraient enfin accepté d'être entendus par le juge d'instruction Patrick Ramaël, mais à Abidjan plutôt qu'à Paris : leur bonne volonté a des limites ! On rappellera que tous deux ont jusqu'à présent refusé de répondre aux convocations en bonne et due forme que leur a adressées le juge instructeur français. Simultanément, l'on apprend que tous deux auraient fait appel à deux ténors du barreau parisien pour défendre leurs intérêts: Me Georges Kiejman et Me Pierre Cornut-Gentille. Je ne peux m'empêcher de penser que leurs intérêts doivent être vraiment sérieusement menacés par l'instruction en cours pour qu'ils en viennent à prendre de telles décisions. A suivre... Bernard Kieffer |  | | Un nouvel appel à témoins, lancé dans la presse ivoirienne | 24 Fév. 2009 à 23:02 | | La presse ivoirienne publie ces jours-ci un nouvel appel à témoins, lancé par Bernard KIEFFER, frère de Guy-André. Voici cet appel : « Comme vous le savez sans doute, mon frère, le journaliste français Guy-André Kieffer, a été enlevé à Abidjan, le 16 avril 2004, vers 13h15. « Depuis ce jour, il n’a plus donné le moindre signe de vie. « Depuis ce jour, nous faisons tout ce qu’il est possible de faire pour savoir ce qu’il est devenu. « Les justices française et ivoirienne, les enquêteurs des deux pays, ont réuni beaucoup d’éléments d’information sur les commanditaires et les exécutants présumés de cette disparition : le jour viendra où les uns et les autres auront à répondre de leur crime devant les tribunaux. La justice est en marche, rien ne l'arrêtera ! « Si vous détenez la moindre information sur cette affaire, sur les causes, les circonstances et les suites de l’enlèvement de Guy-André Kieffer, si vous pouvez nous aider à réunir les preuves de culpabilité, à lutter contre l’impunité et à renforcer l’action de la justice, je vous prie de prendre contact avec moi dès que possible. « Toutes les informations qui me parviendront seront examinées dans la plus grande discrétion, sans que soient révélés les noms ou les coordonnées de ceux ou celles qui me les auront communiquées. « J’ai besoin de votre aide, toute la famille a besoin de votre aide. La justice aussi. Merci ! « Contactez-moi à cette adresse: affairekieffer@yahoo.fr ou à ce numéro de téléphone en France : 06 80 53 73 21 (+ 33 - 6 80 53 73 21) », conclut Bernard Kieffer dans le texte qu’il a transmis à la presse ivoirienne pour publication. On rappellera que son précédent appel à témoins, lancé en septembre 2005, avait permis de faire émerger le témoignage-clé de Berté Seydou, qui a fait sensiblement avancer l'enquête. |  | | Simone Gbagbo (dite "Delta", première dame de Côte d'Ivoire) tente de faire taire le témoin clé de l'affaire Guy-André Kieffer | 22 Nov. 2008 à 20:25 | | Par l'intermédiaire de son avocat, Simone Gbgagbo (dont le nom revient avec insistance dans l'affaire GAK) tente de faire taire le témoin principal de cette affaire, M. Berté Seydou, qui est réfugié en France. Ce témoin a fait part à la justice française des informations dont il a eu connaissance en tant que chauffeur de Jean-Tony Oulaï, chef présumé du commando "Cobra" qui aurait enlevé puis assassiné GAK. Après avoir porté plainte contre Berté Seydou pour diffamation en juillet dernier (ce qui est surprenant car Berté n'a jamais désigné formellement Simone comme étant la commanditaire de l'élimination de GAK), Simone Gbagbo est à l'origine du mandat d'arrêt international lancé le 17 octobre 2008 à l'encontre du témoin Berté Seydou. Dans sa déclaration du 19/11/2008, l'avocat de Simone accumule erreurs et contre-vérités : - contrairement à ce qu'il affirme, Berté Seydou n'est jamais revenu sur ses déclarations. Bien au contraire, il n'a jamais cessé de les confirmer devant la justice française; les investigations menées par celle-ci ont confirmé le sérieux de ce témoignage; - Berté Seydou ne perçoit aucun "salaire mensuel" en rémunération de son "faux témoignage", contrairement à ce qu'affirme, sans le moindre commencement de preuve, cet avocat peu soucieux de rigueur et de vérité, - M. Jean-Tony Oulaï n'est pas "injustement détenu en France" : la justice française s'est prononcée à plusieurs reprises pour son maintien en détention, compte tenu des lourdes charges qui pèsent sur lui. Il ne fait aucun doute que Simone Gbagbo a peur et ne maîtrise plus ses nerfs: ce témoignage de Berté Seydou qui pointe du doigt l'entourage du président ivoirien est une menace permanente, une épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de son avenir politique. La détention de Tony Oulaï, qui en sait probablement long sur les commanditaires de ce crime d'Etat, est une autre menace pour elle. Et si Oulaï se mettait à parler, lui aussi, à dire ce qu'il sait de cette affaire et de ses commanditaires ? Courage Simone, la route est longue et vous n'avez pas fini d'entendre parler de cette affaire ! Bernard Kieffer, frère de GAK |  | | Affaire Guy-André Kieffer : Pressions sur un témoin? | 07 Oct. 2008 à 23:20 | | Affaire Guy-André Kieffer : Pressions sur un témoin? Les parties civiles s'interrogent sur le silence du ministère public : A l'issue d'un rendez-vous avec les juges Patrick Ramaël et Nicolas Blot, Reporters sans frontières, Osange Silou-Kieffer et la famille du journaliste disparu en 2004 en Côte d'Ivoire expriment leur incompréhension après qu'un témoin a fait état de pressions de l'Elysée, le dissuadant de livrer son récit aux juges d'instruction en charge de l'affaire. Les parties civiles demandent au ministère public de confier au plus vite une information judiciaire aux juges Ramaël et Blot, afin de faire la lumière sur cet incident qui se révèlerait gravissime s'il est avéré. "Les affirmations de ce témoin sont graves et doivent être vérifiées. Le ministère public doit permettre aux juges d'instruction d'établir les faits et les responsabilités dans cet incident, qui vient parasiter une affaire déjà suffisamment compliquée par la raison d'Etat", ont déclaré Reporters sans frontières et la famille Kieffer. Le 21 juillet 2008, un témoin a pris contact avec le juge Patrick Ramaël, expliquant qu'il était disposé, sous couvert de l'anonymat, à fournir des informations dans le cadre de l'instruction pour "enlèvement et séquestration" ouverte après la disparition à Abidjan (Côte d'Ivoire), le 16 avril 2004, du journaliste indépendant Guy-André Kieffer. Le 24 juillet, le juge a demandé et obtenu l'autorisation du procureur de la République, ainsi que du juge des détentions et des libertés, d'entendre le témoin sous couvert de l'anonymat. Dans sa note, le juge communiquait l'identité du témoin, conformément à la procédure. Le 28 juillet à 15 heures, le témoin, comme convenu, s'est présenté au palais de justice pour être entendu, mais a signifié au juge Ramaël, au dernier moment, qu'il ne souhaitait plus témoigner. Il a fait état de "pressions" de la part de deux personnes. La seule à avoir été nommée est Patrick Ouart, conseiller du président de la République française Nicolas Sarkozy, chargé des questions de justice. Le juge d'instruction a alors versé au dossier une note relatant l'incident et a convoqué Patrick Ouart pour l'entendre en tant que témoin. Lors de son audition, le 23 septembre, M. Ouart a nié avoir pris contact avec un témoin quelconque et avoir exercé des pressions sur lui. Le lendemain, M. Ouart aurait déposé plainte contre X pour "dénonciation calomnieuse". Les juges d'instruction Patrick Ramaël et Nicolas Blot n'ont pas encore été saisis de cette plainte et le ministère public n'a pas encore répondu à leur demande de saisine pour "subornation de témoin". Reporters sans frontières, la famille de Guy-André Kieffer, ainsi que le syndicat SNJ-CGT, sont parties civiles dans l'affaire. Rappel des faits Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer a été kidnappé par un commando sur le parking d’un supermarché d’Abidjan, le 16 avril 2004, après avoir été attiré dans un piège par Michel Legré, beau-frère de Mme Simone Gbagbo, l’épouse du président. Celui-ci a été mis en examen le 21 octobre 2004 par le juge d’instruction français Patrick Ramaël pour “enlèvement et séquestration”. Supposé être placé en résidence surveillée à Abidjan, après un an et demi de détention, il circule pourtant librement, y compris hors du pays. Jean-Tony Oulaï, un ressortissant ivoirien se disant “ex-capitaine” de l’armée, et que certains témoins accusent d’avoir supervisé l’enlèvement du journaliste, a également été mis en examen pour “enlèvement et séquestration” en janvier 2006 en France et placé en détention. Mais l’enquête se heurte aux mauvaises relations entre la France et la Côte d’Ivoire, aux difficultés pour mener des recherches sur place, et à l’omerta qui entoure les protagonistes de l’affaire, tous proches de la présidence ivoirienne. |  | | La vérité est au bout du chemin... | 24 Juil. 2008 à 22:50 | | L'instruction sur la disparition de Guy-André Kieffer avance à grands pas : le dossier n'a jamais été aussi vivant qu'au cours de ces dernières semaines de l'été 2008... Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est rendu à Abidjan voici quelques semaines et a évoqué l'affaire Guy-André Kieffer (GAK) avec le président Gbagbo. Courant juin, un nouveau témoignage est parvenu au juge d'instruction Patrick Ramaël, à la suite de la diffusion du reportage de Bernard Nicolas "Un journaliste qui dérangeait", sur Canal Plus. Puis, une délégation de magistrats ivoiriens est venue à Paris et a entendu divers témoins ou acteurs du dossier et représentants des parties civiles : revenue à Abidjan, cette mission a conduit le procureur ivoirien, M. Tchimou, à demander l'inculpation de 4 Français que Guy-André avait côtoyés au début des années 2000 dans le cadre d'un audit sur la filière cacao. L'absence d'éléments d'incrimination ne permet pas d'accréditer sérieusement cette pseudo "piste française". Dans le même temps, le juge Patrick Ramaël a convoqué au Palais de justice Mme Simone Gbagbo, épouse du Président ivoirien, et Paul Bohoun Bouabré, ministre de l'économie lors de l'enlèvement de GAK et "ennemi préféré" ce dernier, selon l'expression d'un ami de Guy-André. Aucun des deux n'a répondu à cette convocation au prétexte qu'elle ne serait pas arrivée jusqu'à eux. Ce n'est sans doute que partie remise. Puis, le 22 juillet, 4 jours après avoir entendu M. de Bonnecorse (ex-M. Afrique de l'Elysée sous Jacques Chirac), le juge Patrick Ramaël a saisi au Palais de l'Elysée le dossier "GAK" détenu par la cellule diplomatique de la présidence, démontrant ainsi avec éclat qu'aucun dossier, aucun lieu, ni aucune entité ne sont tabous et ne doivent échapper aux investigations de la justice. Cet acte fort d'instruction (que la presse a qualifié de "rarissime") est sans doute aussi un message tout aussi fort envoyé à la présidence ivoirienne, dont nous attendons la même collaboration dans la recherche de la vérité que celle de la présidence française (qui a accepté de remettre, sans difficulté majeure, le dossier "GAK" au juge Ramaël). Insensiblement, les investigations de la justice française montent progressivement des exécutants vers les commanditaires présumés : la liste des premiers est désormais bien établie. Celle des commanditaires présumés se consolide peu à peu. D'autres auditions et témoignages sont venus, au cours des dernières semaines, renforcer le faisceau de présomptions qui pèsent sur un certain nombre de suspects dans cette affaire criminelle. Il est à craindre, pour les commanditaires et les exécutants, que cette affaire continue de les poursuivre durablement. Pas de chance, pour le uns et les autres : nous sommes tous très déterminés, dans cette affaire et n'accepteront certainement pas qu'elle soit sacrifiée sur l'autel de la réconciliation franco-ivoirienne. Réconciliation, pourquoi pas ? Classement du dossier : en aucun cas. Bernard Kieffer, frère de GAK Tél. 06 80 53 73 21 |  | | Les mensonges de Laurent Gbagbo... | 09 Juin 2008 à 21:35 | | Face aux mensonges répétés du président ivoirien, Laurent Gbagbo, la famille de Guy-André KIEFFER a diffusé le communiqué suivant, le 8 juin. Ce communiqué a été diffusé sur l'ensemble du continent africain. Le site "abidjan.net" l'a immédiatement affiché, en première page : « Affaire banale, qui n’empêche personne de dormir, affaire ordinaire qu’il ne faut pas chercher à politiser, affaire non discutée avec le président Sarkozy ou aucun officiel français… ». Fidèle à lui-même et à sa ligne de défense, le président ivoirien Laurent Gbagbo fait tout ce qu'il peut pour s'éloigner le plus possible de l'affaire Guy-André Kieffer (GAK), le journaliste français, enlevé à Abidjan le 16 avril 2004. Depuis le mois d’avril, la consigne en Côte d’Ivoire est de glisser sur le dossier Guy-André Kieffer, qualifié pourtant de prioritaire par le président Sarkozy à l’issue de la rencontre avec la famille de GAK, le 23 août dernier. Sur RFI, puis dans le documentaire de Bernard Nicolas sur Canal Plus consacré à l’affaire, pour arriver à l’entretien accordé à Ulysse Gosset sur France 24, le président ivoirien Laurent Gbagbo et plusieurs de ses proches, systématiquement cités dans le dossier, s’évertuent à banaliser un enlèvement qui, dès le début a été qualifié de politique. Au delà de la colère que suscitent ces propos chez les membres de la famille de GAK et chez ses amis, nous nous interrogeons sur la motivation des officiels ivoiriens. Est-ce une tentative de sacrifier GAK sur l’autel de la normalisation des relations franco-ivoiriennes ? Est-ce parce que les investigations du juge Patrick Ramaël sont sur le point d’aboutir ? Cette affaire deviendrait-elle insupportable pour les dirigeants ivoiriens ? Nous constatons que chaque fois que le dossier prend la direction de la vérité des propos ou de prétendus témoins tentent de l’en détourner. Nous n’allons pas nous étendre sur l’analyse des propos des responsables politiques et économiques ivoiriens qui sont en flagrante contradiction avec les comptes-rendus d’audition de la procédure judiciaire. Mais nous n’accepterons pas que le crime perpétré contre Guy-André Kieffer soit réduit à un détail de l’histoire. Jacques et Irène Kieffer, ses parents Canelle et Sébastien Kieffer ses enfants Bernard et Eric Kieffer ses frères Osange Silou-Kieffer son épouse Contacts www.guyandrekieffer.org Bernard Kieffer 06 80 53 73 21 / Osange Silou-Kieffer 06 80 06 79 93 |  | | Un journaliste a été enlevé... | 08 Mai 2008 à 14:12 | | Voici le texte qui figure au verso des "flyers" que nous diffusons actuellement pour annoncer le concert de soutien qui est programmé le 30 mai 2008 au Théâtre de la Croix Rousse à Lyon : Un journaliste a été enlevé... Le 16 avril 2004, le journaliste Guy-André KIEFFER était enlevé par un commando dans le centre-ville d'Abidjan (Côte d'Ivoire), après être tombé dans un guet-apens tendu par l'entourage du président ivoirien Laurent GBAGBO. Depuis, sa famille, ses proches, ses confrères n'ont reçu de lui aucun signe de vie. Les investigations menées par un juge français ont montré que ce journaliste, spécialiste des questions économiques, enquêtait sur des détournements de fonds au sein de la filière café-cacao en Côte d'Ivoire. Il dérangeait le pouvoir en place en révélant sa face cachée, ses turpitudes et ses multiples trafics en argent sale. Que savait Guy-André KIEFFER ? Que le cacao peut tuer. Que l'argent du chocolat est mêlé de sang. Que l'on peut payer très cher la recherche de la vérité. Au nom de ce journaliste, nous aussi, exigeons de connaître la vérité. |  | | Un collectif ivoirien pour la manifestation de la vérité | 20 Avr. 2008 à 18:40 | | A l'occasion du 4ème anniversaire de la disparition de Guy-André, un "collectif pour la manifestation de la vérité sur l'affaire GAK" a été constitué en Côte d'Ivoire. Le vice-président et porte parole du collectif se nomme Inza Kigbafory et est journaliste politique au journal le Patriote. Son président en est Baudelaire Mieux, jeune journaliste ivoirien, ami de Guy-André avec qui il collaborait étroitement. La première action de ce collectif a été de déployer une campagne d'affichage dans la presse ivoirienne du 16 au 19 avril 2008, sur le thème "Voici 4 ans que notre ami et confrère, le journaliste Guy-André Kieffer, a disparu à Abidjan. Ne l'oublions pas. Nous exigeons la vérite, rien que la vérité". |  | | Les gens absents... | 06 Avr. 2008 à 18:55 | | " Les gens absents, C'est bien ça l'ennuyeux Ils tournent tout le temps, Là devant nos yeux..." (Francis Cabrel, "Les gens absents" 2004) |  | | L'enquête continue d'avancer : le nouveau témoignage de Berté Seydou | 19 Fév. 2008 à 14:42 | | Le témoignage de Berté Seydou diffusé par FR3 lundi 18/02 apporte de nouveaux et importants éléments dans l'enquête sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer, enlevé le 16 avril 2004 par un commando sur le parking d'un supermarché d'Abidjan. Ce témoignage conforte l'hypothèse d'une implication du plus haut niveau du régime ivoirien dans cette affaire criminelle, Berté Seydou citant à la fois l'épouse du président ivoirien, Simone Gbagbo, et le colonel Houlé Yedess qui était, en avril 2004, chef des services de renseignements ivoiriens : Mme Gbagbo, dont un autre témoin affirme qu'elle aurait demandé que l'on « s'occupe » de Guy-André Kieffer avant l'enlèvement, aurait donc eu des contacts téléphoniques «(sous le nom de code de « Delta ») avec le présumé responsable du commando (Tony Oulaï), après l'enlèvement. Le colonel Yedess est celui qui aurait interrogé Guy-André Kieffer au palais présidentiel pendant les deux jours qui ont suivi son enlèvement. Contrairement à ce que rapporte une partie de la presse ivoirienne et des autorités locales, l'instruction de cette affaire continue d'avancer, malgré les innombrables obstacles qui se dressent depuis bientôt 4 ans devant les deux juges d'instruction parisiens (M. Patrick Ramaël et Mme Emmanuelle Ducos) en charge de ce dossier difficile. Au cours de leurs deux dernières commissions rogatoires sur place, ces deux juges ont réussi notamment à entendre plusieurs militaires, membres identifiés du commando « Cobra » qui a enlevé Guy-André Kieffer, ce qui est d'autant plus remarquable que la rumeur locale les disait, pour certains, morts depuis plusieurs mois. Ces militaires appartiennent pour la plupart à la 3ème Compagnie basée à Akouédo près d'Abidjan. L'un d'entre eux aurait directement participé à un premier interrogatoire de Guy-André Kieffer, juste après son enlèvement en compagnie de Tony Oulaï, qui est mis en examen dans cette affaire et actuellement détenu en France. Rappelons enfin que plusieurs suspects cités dans cette affaire, sont des proches du couple présidentiel, à commencer par Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, qui est celui qui aurait tendu le piège du faux rendez-vous dans lequel est tombé Guy-André Kieffer lors de son enlèvement. D'autres auditions sont prévues dans le cadre de la commission rogatoire actuellement en cours d'exécution à Abidjan. Brnard Kieffer |  | | Affaire Kieffer : un juge sous surveillance?
par Vincent Hugeux, L'Express.fr | 18 Déc. 2007 à 19:47 | | Pourquoi diable la vérité sur le sort de Guy-André Kieffer tarde-t-elle tant à éclater ? Chargés d’élucider la disparition du journaliste franco-canadien, enlevé le 16 avril 2004 dans le parking d’un supermarché d’Abidjan, où il avait rendez-vous avec un certain Michel Legré -beau-frère de Simone Gbagbo, l’épouse du président ivoirien-, les juges d’instruction Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos doivent non seulement déjouer les obstructions et les traquenards des autorités de Côte d’Ivoire, mais aussi surmonter les écueils made in France, plus inattendus. Fin novembre, quelques jours avant de décoller une nouvelle fois pour Abidjan, Patrick Ramaël apprend qu’il devra désormais se passer des services de la Brigade criminelle, dont plusieurs enquêteurs oeuvraient à ses côtés depuis trois ans, au point d’avoir accompli, avec ou sans lui, huit missions en Côte d’Ivoire. Une défection ordonnée par la direction régionale de la Police judiciaire. Dépité, le juge demandera, en vain, des explications au nouveau chef de la « Crim’ », Loïc Garnier. Quant au supérieur de ce dernier, Christian Flaesch, patron de la PJ de Paris, il invoquera auprès de ses subordonnés des impératifs de nature budgétaire. Voilà donc le juge contraint de dessaisir la Brigade criminelle, de lui réclamer la restitution des commissions rogatoires émises au fil des missions, puis de s’envoler en compagnie de deux membres de la Section de recherches de la Gendarmerie nationale, basée dans le XXe arrondissement de Paris, sollicitée dans l’urgence. Dans une lettre adressée le 23 novembre à Nicolas Sarkozy et à Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, Bernard Kieffer, le frère du disparu, s’inquiète de cet insolite changement de casting. Lettre restée à ce jour sans réponse. Trois mois plus tôt, jour pour jour, le président français avait reçu la famille du journaliste escamoté, indiquant qu’il considérait cette ténébreuse affaire comme une priorité et qu’en toute hypothèse, son dénouement ne ferait pas les frais d’une éventuelle normalisation entre Paris et Abidjan. Sollicité ce 17 décembre par L’Express, Bruno Joubert, patron de la cellule africaine de l’Elysée et vétéran de l’arène franco-ivoirienne, indique qu’il ignorait la péripétie judiciaire évoquée ici, tout comme l’existence même du courrier de Bernard Kieffer. Ce dernier peut au moins attester que la Poste, elle, fonctionne. Il a reçu le 21 novembre une missive du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en réponse à une lettre adressée dès juillet. Kouchner y confirme qu’au-delà du soutien technique et logistique garanti aux enquêteurs, la France « s’efforce d’accompagner politiquement » leur démarche. Il informe enfin le frère de Guy-André de sa volonté d’évoquer l’imbroglio à la faveur de ses prochains contacts avec le pouvoir ivoirien. A l’époque il est vrai, le locataire du Quai d’Orsay envisageait de se rendre rapidement sur la lagune Ebrié. Projet différé sine die, même s’il est vaguement question d’un déplacement de cette nature au premier trimestre 2008. « Sauf accident de parcours », nuance-t-on à l’ambassade de France à Abidjan. Officiellement, la doctrine française n’a pas varié d’un iota : chacun des épisodes du rapprochement graduel avec le régime ivoirien répond à une étape du processus politique engagé par les accords de paix signés à Ouagadougou (Burkina Faso), par le président Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion nordiste Guillaume Soro, promu depuis lors au rang de premier ministre. Critère majeur : la tenue de scrutins présidentiel et législatif libres et transparents, subordonnée à l’établissement de listes électorales fiables, le tout « certifié » par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire. Et qu’importe si nul ne croît à l’échéance de juin 2008, claironnée par Gbagbo soi-même. Il y eut donc, en juillet, la discrète visite de Bruno Joubert à Abidjan. Puis, début août, un échange téléphonique entre Nicolas Sarkozy et son homologue ivoirien. Enfin, voilà peu, le passage sur place du ministre de la Défense Hervé Morin. La résolution de l’énigme Kieffer figure-t-elle au rang des conditions d’une normalisation pleine et entière ? A l’évidence, non. « Emettre une telle exigence serait contre-productif, prévient une source diplomatique française. Mieux vaut faire savoir à nos interlocuteurs qu’une avancée sur ce dossier contribuerait à créer un climat propice au réchauffement. » De fait, on voit mal le pouvoir ivoirien livrer à la justice hexagonale les clés de l’enlèvement, puis de l’assassinat -scénario plus que probable-, de Kieffer le fouineur. Les juges Ramaël et Ducos en savent quelque chose. Chaque fois qu’un acte d’instruction tend à accréditer la thèse de l’implication de la présidence ivoirienne, où le disparu aurait été détenu deux jours et deux nuits avant d’être assassiné, les portes et les bouches se ferment. C’est ainsi que lors de son récent séjour, du 2 au 12 décembre, on présenta à Patrick Ramaël deux membres supposés du commando coupable du rapt, surnommés Lucifer et Scarface. En fait, deux leurres manipulés par un acteur-clé du dispositif sécuritaire du clan Gbagbo. Tout indique par ailleurs que le procureur militaire Ange Kessy, fort coopératif en apparence, s’emploie à brouiller les pistes. « Dès qu’on approche le noyau dur du régime, confirme un initié, ça coince ». Ramaël est-il pour autant rentré bredouille de ce voyage ? Pas vraiment. Il a pu auditionner deux autres acteurs de la funeste équipée, bien authentiques ceux-là, répondant aux doux pseudonymes de « José » et de « Arthur ». De même, le juge a emporté dans ses bagages le disque dur de l’ordinateur portable de Tony Oulaye, ex-membre des services de renseignements ivoiriens et chef présumé du commando, mis en examen dès janvier 2006 pour enlèvement et séquestration. De même, il aurait récupéré le PC de Guy-André Kieffer, détenu par la justice ivoirienne, et que l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) s’efforce depuis de « faire parler », notamment en analysant les traces d’ADN. Travail titanesque et aléatoire, tant l’objet a dû être manipulé depuis sa saisie. En revanche, c’est semble-t-il en vain que Patrick Ramaël a demandé d’avoir accès à d’autres ordinateurs personnels ou disques durs. De même, il n’a pas été en mesure d’interroger plusieurs suspects ou témoins identifiés. Un homme, dont le précieux témoignage est tenu pour fiable par les enquêteurs, en sait long. Il s’agit du chauffeur du commando Oulaye. Mis à l’abri un temps en France, il a envisagé récemment de rentrer en Afrique. Non pas en Côte d’Ivoire, où il serait à l’évidence exposé à des représailles définitives, mais dans un pays voisin. Aux dernières nouvelles, cet informateur aurait renoncé à ce projet, pour s’établir au moins temporairement en Europe. Reste une énigme dans l’énigme : que vaut à Patrick Ramaël, qui n’avait guère besoin de cela, le brutal retrait de la Brigade criminelle ? Il faudrait beaucoup de candeur pour avaliser le seul argument du coût. Il n’y a eu, jure-t-on au sommet de la hiérarchie policière, aucune intervention politique. Admettons. Aurait-on décidé en haut-lieu de sacrifier le cas Kieffer sur l’autel de la normalisation franco-ivoirienne ? Peu crédible, tant la méfiance entre Paris et Abidjan demeure palpable. Une autre hypothèse, assez effarante, affleure. Et si l’Elysée voulait châtier ainsi un juge d’instruction têtu et atypique, coupable d’avoir récemment, dans une autre affaire ô combien délicate, plongé le Château dans l’embarras en délivrant des mandats d’arrêt internationaux à un moment jugé inopportun ? |  | | Duplicité franco-ivoirienne | 15 Déc. 2007 à 16:34 | | Le juge Patrick Ramaël, de retour d'une 8ème mission en Côte d'Ivoire, n'a pas pu interroger les témoins qu'il souhaitait entendre. C'est désormais une situation récurrente: chaque fois qu'il identifie un témoin, celui-ci s'évapore, disparaît subitement, devient introuvable... avec la bénédiction des autorités ivoiriennes qui, cette fois-ci, sont allées jusqu'à inventer deux faux témoins (surnommés "Scarface" et "Lucifer") qui ont reconnu avoir été recrutés pour égarer le juge. Du côté français, ce n'est guère mieux : la Brigade criminelle, qui assistait le juge depuis l'ouverture de l'instruction judiciaire, a été brutalement dessaisie du dossier, courant novembre, sans la moindre explication ni pour les policiers eux-mêmes, ni pour la famille de GAK. Un juge sans policier, c'est quand même beaucoup moins ennuyeux pour le régime ivoirien, non ? A Paris comme à Abidjan, nous nageons en pleine duplicité: "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver Guy-André", nous avait juré, la main sur le coeur, l'ineffable président Gbagbo en mai 2004. "Cette affaire est une priorité pour la France", avait ajouté le président Sarkozy le 23 août dernier, devant 5 membres de la famille et devant David Lévitte, son conseiller diplomatique, en nous recevant à l'Elysée. "Je ne normaliserai pas les relations franco-ivoiriennes tant que cette affaire ne sera pas réglée". On parie le contraire ? Bernard KIEFFER |  | | Tony Oulaï de nouveau incarcéré ! | 27 Oct. 2007 à 13:39 | | Tony Oulaï, qui est considéré comme étant le chef du commando "Cobra" qui a enlevé et fait disparaître GAK, a été de nouveau interpellé, puis incarcéré à la prison de Fresne, le 17 octobre dernier. Cette incarcération fait suite d'une part à la violation répétée de son contrôle judiciaire et à son refus de répondre auux convocations du juge Ramaël (qui souhaitait l'entendre suite aux révélations du témoin Berté Seydou qui met ouvertement en cause son ancien patron, Oulaï) et, d'autre part, elle rend compte de l'accumulation de charges qui pèsent au-dessus de la tête d'Oulaï. Celui apparaît comme étant de plus en plus suspect et impliqué dans cette affaire, dans laquelle son nom revient de plus en plus souvent au fil de l'avancement de l'enquête. Comme l'a affirmé le journaliste Robert Marmoz le 18 octobre dernier sur le site du "Nouvelobs.com", il ne fait aucun doute aujourd'hui que Tony Oulaï a bien dirigé le commando "Cobra", l'un des escadrons de la mort qui ont fleuri en Côte d'Ivoire depuis les années 2000 et qui pratiquent enlèvements et assassinats pour le compte de la présidence ivoirienne. Le nom d'Oulaï est apparu dans l'affaire GAK trés rapidement, puisqu'il avait été initialement dénoncé par deux de ses hommes de main, qui se sont ensuite rétractés en affirmant qu'ils avaient voulu lui faire une mauvaise plaisanterie... Ben voyons... Son téléphone portable, saisi par le juges français, contient une impressionnante série de photos de cadavres. Selon Oulaï, il s'agirait "d'amis" à lui à qui il est arrivé malheur et dont il a voulu pérpétuer la mémoire par ces photos. Selon toute vraisemblance, il s'agit sans doute plutôt d'une galerie des ses victimes. A chacun ses titres de gloire ! Bernard KIEFFER |  | | Nicolas Sarkozy promet son aide à faire advenir la vérité | 23 Août 2007 à 19:18 | | Nicolas Sarkozy a promis jeudi son aide à la famille de Guy-André Kieffer pour que la vérité éclate sur ce qui est arrivé au journaliste franco-canadien disparu en Côte d'Ivoire depuis avril 2004. Le président français a reçu Osange Silou-Kieffer, l'épouse du journaliste, ainsi que sa fille, ses deux frères et son neveu. "M. Sarkozy nous a témoigné de sa solidarité et nous a dit qu'il nous accompagnerait à partir de maintenant sur ce dossier pour que la vérité sur ce qui est arrivé à Guy-André nous soit dévoilée", a déclaré Mme Silou-Kieffer. "Il nous a dit très clairement sa détermination et celle des autorités politiques françaises pour nous aider dans ce dossier, ce qui nous faisait défaut jusqu'à présent. On avait un travail très important des juges, on n'avait pas l'impression qu'il y ait jusqu'à présent un accompagnement politique aussi fort", a ajouté Bernard Kieffer, frère de Guy-André. La famille de Guy-André Kieffer a apprécié le changement par rapport à la présidence de Jacques Chirac, qui n'avait pas donné suite à ses demandes d'entretien, selon Mme Silou-Kieffer. L'épouse du journaliste a demandé au président français de faire un geste en direction de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo pour que les juges français chargés de l'enquête puissent entendre "un certain nombre de personnes qu'ils veulent entendre et qu'ils n'ont pas réussi à entendre depuis trois ans". La famille Kieffer soupçonne des membres de l'entourage du président ivoirien d'avoir commandité l'enlèvement du journaliste. AP |  | | AFFAIRE GUY-ANDRE KIEFFER : LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE RECOIT LA FAMILLE | 23 Août 2007 à 12:36 | | Le président de la République Nicolas Sarkozy recevra Osange Silou-Kieffer, l'épouse de Guy-André Kieffer, Canelle Kieffer, sa fille, Bernard et Eric Kieffer, ses frères, et David-Alexandre Kieffer, son neuveu, le jeudi 23 août 2007 à 17 heures 30 au Palais de l'Elysée. La famille avait adressé un courrier à Nicolas Sarkozy après son élection pour lui demander une rencontre afin de lui communiquer l'état du dossier et lui demander son aide. La famille s'exprimera devant la presse à la sortie de la rencontre, devant le palais de l'Elysée, 55 rue du Faubourg Saint Honoré à Paris. |  | | Enquête sur un crime d'Etat (Le Nouvel Observateur du 15 février 2007) | 18 Fév. 2007 à 16:27 | | Dans un article consacré à l'affaire GA. KIEFFER, publié dans l'édition du 15/02/2007 du "Nouvel Observateur", le journaliste Robert MARMOZ fait un point de l'avancement de l'enquête sur ce qui ressemble fort à un crime d'Etat. Il cite des faits, des noms, évoque des dossiers, rappelle l'attitude particulièrement troublante de la diplomatie française (et plus particulièrement de l'ambassade de France) lors de l'enlèvement de GAK, pose quelques bonnes questions (en évoquant par exemple la "barbouzerie franco-ivoirienne"), explique aussi pourquoi l'enquête avance aussi difficilement dans une affaire qui s'apparente clairement à un "crime d'Etat". Robert MARMOZ met le mot "Etat" au singulier, en pointant du doigt l'Etat ivoirien. Pour un certain nombre de proches de GAK, toute la question est de savoir si le mot "Etat" doit rester au singulier... L'attitude troublante, ambigüe de certains acteurs de la diplomatie française invite en effet pour le moins à s'interroger. Bernard KIEFFER |  | | Désinformation... La réaction de la famille de Guy-André | 26 Déc. 2006 à 21:43 | | Le communiqué suivant a été adressé à l'AFP et au Quai d'Orsay le 25 décembre 2006. Le journal "Le Monde" l'a publié dans son édition du 18 janvier 2007: " Depuis hier j'entends dire dans différents medias qu'avec la libération de cet exploitant français qui avait été enlevé fin 2005 au Vénézuela, "les autorités françaises considérent qu'il ne reste plus qu'une seule otage française détenue à l'étranger, Ingrid Bétancourt" (par exemple dans le journal de 20 heures de France 2, le 25/12/06). Je tiens à rappeler qu'il reste au moins un journaliste français dont l'on est sans nouvelles depuis le jour de son enlèvement, Guy-André KIEFFER (dit GAK). GAK a été enlevé le 16 avril 2004, vers 13 h15, en plein centre ville d'Abidjan. L'instruction judiciaire en cours donne à penser que GAK a été enlevé par ceux qui avaient intérêt à le faire taire : GAK, journaliste économique, enquêtait depuis des mois sur les turpitudes financières du régime en place en Côte d'Ivoire. L'enquête judiciaire en cours n'a pas encore permis d'établir avec certitude ce qu'il est devenu après son enlèvememnt. A défaut de pouvoir se prononcer définitivement sur le sort de GAK, en l'état actuel de nos informations, il serait cependant judicieux que les autorités françaises ne l'oublient pas dans le décompte des Français enlevés à l'étranger et dont l'on reste sans nouvelle. Ou alors, si ces mêmes autorités disposent d'informations leur permettant d'affirmer avec certitude que GAK n'est pas détenu quelque part et qu'il n'aurait pas survécu à son enlèvement, qu'elles communiquent au plus vite ces informations aux juges chargés de l'instruction et à la famille de Guy-André ". Bernard KIEFFER, frère de Guy-André KIEFFER |  | | La justice et la police française enquêtent sur place | 26 Août 2006 à 15:11 | | Le juge Patrick RAMAEL et le commandant Mario MENARA (Brigade criminelle) se sont à nouveau rendus à Abidjan, courant août 2006, pour vérifier un certain nombre d'informations touchant à la disparition de GAK. M. RAMAEL a demandé à Bernard KIEFFER, frère de GAK, de le rejoindre sur place pour établir le contact avec l'un de ses informateurs. L'enquête sur place se révèle difficile, faute de collaboration de certains témoins ou de certaines autorités locales. Il reste que les informations que MM. RAMAEL et MENARA voulaient vérifier se révèlent "cohérentes", même si elles ne permettent pas encore de valider définitivement le scénario qui aurait conduit à l'élimination de GAK. Les investigations vont donc se poursuivre en France et en Côte d'Ivoire, sur la base des informations que détient la justice française. |  | | Les investigations judiciaires se poursuivent en Côte d'Ivoire | 22 Juil. 2006 à 12:55 | | Courant juin 2006 et probablement à nouveau dans les prochaines semaines, les juges français Patrick RAMAEL et Emmanuelle DUCOS ont poursuivi leurs investigations à Abidjan, sur la piste des commanditaires et des exécutants de l'élimination de GAK: un certain nombre d'informations leur sont en effet parvenues, permettant de dresser une liste assez précise des éléments qui ont contribué à l'enlèvement puis à la disparition de GAK depuis plus de deux ans. Il restera ensuite à identifier les commanditaires (et/ou à confirmer les accusations qui pèsent déjà sur ceux dont les noms figurent dans le dossier d'instruction). Bernard KIEFFER |  | | Un appel solennel de la famille de GA. KIEFFER aux autorités politiques | 09 Juin 2006 à 23:08 | | Le 12 juin, depuis Lyon, à l'occasion de la manifestation de soutien, organisée par le Club de la presse,la famille de Guy-André KIEFFER (et celle de Fred NERAC) a lancé cet appel solennel: A l’occasion de la manifestation organisée ce jour à Lyon pour la liberté d’expression en général et la liberté de la presse en particulier, Après 40 mois d’attente et d’interrogations sans réponse pour Fred NERAC et 26 mois pour Guy-André KIEFFER, Après que des milliers de messages de soutien nous soient parvenus sur les pétitions ouvertes sur les sites de soutien à Fred NERAC et à Guy-André KIEFFER, Les familles des deux journalistes disparus lancent un appel solennel aux pouvoirs publics français pour qu’ils mettent tous les moyens dont ils disposent en œuvre pour faire enfin la lumière sur ces deux affaires. La diplomatie française, les autorités judiciaires ont initié ou réalisé un certain nombre d’actions qui n’ont pas permis de faire émerger la vérité de manière claire, nette et définitive jusqu’à présent, pour l’un et pour l’autre. Nous demandons que tout soit entrepris pour que les enquêtes qui ont été engagées soient menées à leur terme, que tous les moyens d’information soient déployés par les pouvoirs publics pour que cessent au plus vite ces situations d’attente interminable, que toutes les actions utiles soit engagées auprès des autorités étrangères concernées . Nous demandons également aux medias, aux confrères de Guy-André et de Fred, aux élus qui nous ont fait part de leur soutien et à tous les autres, à tous ceux qui nous accompagnent depuis le début comme à ceux qui lisent ou entendent cet appel pour la première fois, de nous aider à éviter l’enlisement progressif de ces deux affaires, de nous aider à déplacer la chape de plomb qui risque de les recouvrir inéluctablement. Contacts et informations: http://www.guyandrekieffer.org (ou bkieffer@tele2.fr) http://www.aucuneid.net/fred-nerac (ou frednerac@skynet.be) |  | | Un poème pour Guy-André | 18 Avr. 2006 à 13:20 | | Voici quelques vers écrits ces derniers jours par le poète et romancier guadeloupéen Ernest Pépin et offert à Osange, l'épouse de Guy-André. L'Absent, L'absent enroule un nuage autour de nous un nuage de silence et d'angoisse et nous voilà plus lourds portant le poids d'un vide inconnu sur la balance des jours L'absent dépose en nous un nuage comme une souris vorace qui ronge les habitudes et nous voilà affamés de nouvelles chargés d'une espérance en éveil en accueil mains ouvertes au seuil de sa présence en nous. Ernest Pépin |  | | "La colère me stimule !", par Osange SILOU-KIEFFER, épouse de Guy-André | 15 Avr. 2006 à 0:01 | | Le texte de cette interview est parue dans "Le Nouvel Obs.com" du 14/04/2006: Quels sont les obstacles à l'avancement des recherches de Guy-André Kieffer? -L'immobilisme du gouvernement ivoirien et du gouvernement français ralentit considérablement les recherches. De plus, nous sommes inondés chaque semaine de demandes de rançons, de visas…Ces fausses pistes n'aboutissent à rien, mais nous sommes obligés de les prendre en compte. Il est certain que cette tentative d'intoxication est orchestrée. Par ailleurs, le travail du juge en charge de l'affaire est très méticuleux. Il doit balayer des kilomètres de terrain en Côte d'Ivoire, ce qui fait perdre beaucoup de temps. Pourquoi, selon vous, la mobilisation médiatique a-t-elle été relativement faible jusqu'à présent? -Il y a eu tout d'abord une campagne de dénigrement de la part de l'ambassade de France en Côte-d'Ivoire. A chaque fois qu'un journaliste appelait, on lui répondait: "Guy-André Kieffer avait des fréquentations douteuses, ne vous occupez pas de son cas". La Côte d'Ivoire est le pré carré français, ce qui a rendu la situation épineuse. En France, on parle beaucoup de la solidarité qui peut exister au sein de la caste des journalistes, mais je n'ai pas constaté un tel élan de mobilisation pour mon mari. Comment vivez-vous au quotidien la disparition de votre mari? -Tous les jours, j'épluche la presse. Avec l'aide de mon beau-frère, je sollicite à la fois les journaux et les artistes ivoiriens et français pour les alerter de la situation, ce qui me prend environ la moitié de mon temps. Je continue de travailler, car il est important de conserver une activité, mais je suis tout le temps mobilisée pour rechercher mon mari. Je suis très en colère, et c'est cette colère qui me stimule. Propos recueillis par Bérénice Rocfort-Giovanni (le vendredi 14 avril 2006) |  | | La disparition de Guy-André KIEFFER : un crime d'Etat | 14 Avr. 2006 à 23:50 | | "N’oublions pas Guy-André" Par Bernard Kieffer, frère du journaliste disparu Guy-André Kieffer(14/04/2006) (article paru dans "Métro" du 14/04/2006) Mon frère, le journaliste français Guy-André Kieffer (GAK) a été enlevé le 16 avril 2004 en Côte d’Ivoire. Depuis cette date, il n’a plus donné aucun signe de vie. Ancien de « La Tribune », marié et père de deux enfants, spécialiste des matières premières, GAK enquêtait lors de son enlèvement sur des sujets hautement sensibles : l’argent du cacao, l’enrichissement personnel des hauts dignitaires du régime ivoirien, le financement des armes… autant de sujets qui l’ont rendu hautement impopulaire dans les allées du pouvoir ivoirien et peut-être même au-delà tant les intérêts économiques franco-ivoiriens sont liés. L’instruction judiciaire a établi la probable implication du cercle rapproché de la présidence ivoirienne dans sa disparition. Celle-ci a d’ailleurs très vite dressé un mur de silence autour des protagonistes de l’enlèvement de GAK, compliquant ainsi notablement le travail des juges d’instruction français en charge de cette affaire. Ceux-ci ont pourtant réussi à dresser la liste des commanditaires et exécutants présumés de cet enlèvement (et pire ?). Aucun d’entre eux n’a été réellement inquiété jusqu’à présent. Depuis avril 2004, la famille de GAK, ses proches, un certain nombre de ses confrères tentent de faire émerger la vérité, envers et contre tous les obstacles. Le Quai d’Orsay affirme ne détenir aucune information, alors qu’il a suffi à l’épouse et au frère de GAK de passer trois jours sur place, après l’enlèvement, pour connaître les noms de deux des principaux responsables de la disparition de GAK. Entre la mauvaise volonté évidente de la présidence ivoirienne, la passivité jusqu'à présent déroutante de la diplomatie française, il ne reste que la détermination des juges d’instruction et de tous ceux qui refusent qu’un journaliste puisse être interdit d’enquêter, d’écrire et peut-être même de vivre. Une « lettre ouverte aux Ivoiriens de bonne volonté » lancée par la famille a permis de faire remonter un certain nombre d’informations. Les juges, qui se sont déjà rendus six fois sur place, explorent chacune d’entre elles, déterminés à faire la vérité dans ce qui ressemble beaucoup à un crime d’Etat. Une pétition a été lancée sur le site www.guyandrekieffer.org . Beaucoup de signataires s’étonnent ou s’indignent du silence des autorités françaises dans cette affaire. « Nous aussi », estime la famille de GAK, déterminée à tout faire pour que cette affaire ne soit pas étouffée sous une chape de plomb franco-ivoirienne. Bernard Kieffer, frère de GAK bkieffer@tele2.fr |  | | Une interwiew de Bernard Kieffer au journal "L'étudiant congolais" | 14 Avr. 2006 à 15:02 | | Bernard KIEFFER: " Nous avons affaire à un crime d’Etat " France, (Etudiantcongolais.com)-16 avril 2006 : deux ans jour pour jour, après la disparition tragique du journaliste indépendant Guy-André Kieffer, dans des circonstances non encore élucidées, notre journal décide de donner la parole à un membre de sa famille. Il s’agit de Bernard Kieffer, frère de la victime, qui tente d’apporter des éléments de réponse pour éclairer l’opinion publique sur cette sombre affaire. Propos recueillis par Alain BOUITHY Etudiantcongolais.com : Le 16 avril courant marquera le 2ème anniversaire de la disparition de votre frère Guy-André kieffer en Côte-d’Ivoire. Pouvez-vous d’abord rappelé aux lecteurs qui est Guy-André Kieffer ? Bernard KIEFFER : Guy-André KIEFFER (GAK) est un journaliste français, âgé de 54 ans au moment de son enlèvement, marié et père de deux enfants. Son épouse et sa fille vivent tous deux à Paris. Son fils vit à Montréal. Du fait d’un précédent mariage, GAK avait également la nationalité canadienne. Spécialiste des questions économiques et des matières premières, GAK a travaillé 18 ans dans le journal économique français " La Tribune", avant de se rendre en 2002 en Côte d’Ivoire pour contribuer à une mission d’audit sur la filière cacao confiée à la société " CCC ". Cette mission ayant pris fin prématurément, GAK a alors décidé de rester sur place, en qualité de journaliste indépendant, pour poursuivre ses enquêtes et investigations sur l’argent du cacao, les finances de la Côte d’Ivoire, le financement occulte des armes en RCI, l’enrichissement personnel des hauts dignitaires du régime ivoirien, le financement occulte de parti(s) politique(s) français, et autres sujets éminemment sensibles. Il a publié de nombreux articles précis et documentés dans la presse ivoirienne et dans la revue française " La lettre du continent " jusqu’au fatidique 16 avril 2004. " L’instruction judiciaire en cours conduit à penser que l’ordre est venu de très haut. " Votre frère enquêtait sur des détournements d’argent mettant en cause des proches du régime ivoirien. Peut-on croire que cela a été l’une ou la principale cause de sa disparition? Oui, très probablement. Il a été enlevé en Côte d’Ivoire par des Ivoiriens. L’instruction judiciaire en cours conduit à penser que l’ordre est venu de très haut. Je pense que mon frère était devenu très gênant pour un certain nombre de hauts dignitaires du régime en place. Cela n’exclue cependant pas qu’il y ait eu concordance d’intérêts à le faire taire entre commanditaires ivoiriens et peut-être aussi français : je n’écarte aucune hypothèse de ce genre. Au jour d’aujourd’hui, que sait-on à propos de cette disparition ? A t-on suffisamment d’informations sur des circonstances dans lesquelles il a disparu ? Et où en est l’enquête ? A ce jour, nous avons la certitude que GAK a été enlevé. Nous ne savons pas exactement ce qu’il est devenu ensuite, mais l’absence de tout signe de vie depuis le 16 avril 2004 donne à penser qu’il a été ensuite exécuté. De nombreuses rumeurs circulent à Abidjan en ce sens. Nous avons, grâce au travail des juges qui instruisent cette affaire, un faisceau de présomptions sur les noms des commanditaires présumés et des exécutants présumés de l’enlèvement et, peut-être aussi de l’assassinat de GAK. Un certain nombre de noms reviennent avec insistance dans ce dossier. Cependant, à ce jour, seul Michel Legré, beau-frère de Mme Gbagbo, a été mis en examen par la justice française pour " enlèvement et séquestration ". La justice ivoirienne l’a également inculpé pour " complicité d’assassinat ". S’agissant des autres responsables présumés, les juges d’instruction continuent de recueillir les éléments qui permettront de les traduire en justice, j’espère. Les deux juges français se sont déjà rendus à 6 reprises à Abidjan depuis le 16 avril 2004 : je ne doute pas de leur détermination à établir la vérité dans cette affaire. Ils continuent d’avancer, malgré toutes les difficultés qu’ils rencontrent. " Il est hors de question qu’on laisse cette affaire s’enliser dans le marais des relations tumultueuses franco-ivoiriennes " La raison d’Etat entrave la manifestation de la vérité, suggèrent certains observateurs. Etes-vous de cet avis ? Oui, c’est évident. Des hauts responsables du régime ivoirien sont fortement suspectés d’avoir organisé la disparition et l’élimination de GAK. Compte tenu de cette donnée et des dossiers sur lesquels il travaillait, je considère que nous avons affaire à un crime d’Etat. Le mur de silence et d’impunité que dresse la présidence ivoirienne autour des présumés commanditaires et exécutants de l’enlèvement de GAK (et de son possible assassinat) ne peut s’expliquer que par la raison d’Etat, d’une part et par l’intérêt personnel de quelques hauts dignitaires du régime ivoirien, d’autre part. GAK perturbait leur système d’enrichissement personnel qui, lui-même repose sur un pillage organisé des finances publiques ivoiriennes. La question est de savoir s’il faut mettre " Etat " au pluriel : la passivité des autorités publiques françaises (hormis les autorités judiciaires) devant cette affaire conduit à se poser la question. GAK a–t-il également perturbé des intérêts français associés à l’argent du cacao ? En janvier dernier, vous avez demandé à Charles Konan Banny ainsi qu’à votre ambassadeur en Côte d’Ivoire, André Janier, de faire la lumière sur cette disparition. Avez-vous le sentiment qu’il manque de mobilisation en France comme en Côte d’Ivoire autour du cas de votre frère ? Nous avons effectivement écrit au Premier ministre ivoirien et à l’ambassadeur de France en RCI, M. André Janier en janvier dernier. A ce jour, seul ce dernier nous a répondus, en nous affirmant qu’il suit cette affaire de prés et que les plus hautes autorités françaises font de même. Nous venons d’écrire à nouveau à M. Konan Banny qui n’a pas encore répondu à notre premier courrier. Nous comptons sur lui pour nous aider à clarifier cette affaire et à obtenir justice. La mobilisation en France existe. Depuis avril 2004, de très nombreux articles de presse ont été publiés sur cette affaire. De nombreuses actions se déroulent un peu partout en France autour de la disparition de GAK. Les autorités françaises, la presse française connaissent parfaitement cette affaire. La famille de GAK, ses proches, nombre de ses confrères restent très mobilisés. Il est absolument hors de question qu’on oublie GAK et qu’on laisse cette affaire s’enliser dans le marais des relations tumultueuses franco-ivoiriennes. Ce serait faire disparaître GAK une deuxième fois. En revanche, l’opinion publique française est moins mobilisée que lors de l’enlèvement de certains confrères de GAK dont on savait qu’ils étaient otages (Florence Aubenas, Chesnot et Malbrunot, par exemple) et qui avaient derrière eux des rédactions puissantes. GAK était journaliste indépendant et cela dessert sans doute la médiatisation de son affaire. En Côte d’Ivoire, la presse publie des articles chaque fois qu’il se passe quelque chose dans cette affaire. Elle reste en éveil et a contribué, à différentes reprises, à faire sortir des informations intéressantes pour l’enquête. Vous avez reçu le soutien de personnalités françaises de divers bords, des camarades et amis de Guy-André. En avez-vous reçu de la Côte d’Ivoire ? Les soutiens que nous recevons de Côte d’Ivoire ne sont pas nécessairement publics. Nous avons des contacts et des relais de confiance sur place. Pour leur sécurité, il me paraît préférable de ne pas les citer. Mais ils existent. L’hypothèse d’un assassinat est probable. Avez-vous encore espoir de retrouver votre frère vivant? Je crains que vous ayez raison d’envisager cette hypothèse. Elle est confortée, malheureusement, par des rumeurs insistantes venues d’Abidjan. Faute d’avoir trouvé le corps de GAK, on ne peut toutefois exclure totalement l’hypothèse qu’il soit détenu quelque part, au secret. Cette hypothèse, cependant, perd de sa force chaque jour qui passe. La justice ivoirienne a retenu, je le rappelle, le grief de " complicité d’assassinat " à l’encontre de Michel Legré, ce qui n’est pas très bon signe pour GAK. Ceci étant dit, comme l’a dit Osange, l’épouse de GAK, " tant qu’on ne me ramènera pas mon mari entre quatre planches, je continuerai à le chercher ". Elle a raison et nous sommes nombreux à partager son raisonnement et sa détermination. |  | | Les proches de Guy-André KIEFFER reçus au Quai d'Orsay | 02 Avr. 2006 à 14:03 | | Le 31 mars 2006, l'épouse et la fille de Guy-André ainsi que ses deux frères ont été reçus au Quai d'Orsay par les responsables du ministère des affaires étrangères qui, de près ou de loin, sont appelés à suivre cette affaire. En substance, ceux-ci ont fait part de leur détermination à faire émerger la vérité mais de leur absence totale d'information sur le sort réservé à Guy-André depuis son enlèvement... Les proches de GAK s'en sont étonnés eux qui, soit en allant sur place quelques jours, soit depuis la France et sans moyens d'investigation, ont réussi à faire parvenir aux juges d'instruction des informations qui confortent leurs présomptions sur l'identité des commanditaires et des exécutants de l'enlèvement. Le Quai d'Orsay leur a confirmé son impossibilité d'agir et d'enquêter avec ses propres moyens du fait de l'instruction judiciaire en cours. Ce positionnement du Quai d'Orsay ne peut que conforter les proches de GAK dans la nécessité de faire appel à l'opinion publique pour conforter le travail des juges et faire bouger la chape de plomb, ivoirienne mais aussi française, qui pèse lourdement sur ce dossier. Bernard KIEFFER, frère de GAK. |  | | Une mauvaise culture politique | 11 Mars 2006 à 20:12 | | Dans un interview au journal « Le Figaro » du 9 mars, le président ivoirien Laurent Gbagbo, interrogé sur l’enlèvement de GAK, répond ne pas le connaître, l’avoir rencontré deux fois dans sa vie. Je voudrais rappeler à celui que ses concitoyens nomment « le boulanger » que si ne pas dire oui n’équivaut pas à dire non en politique selon Machiavel, nier l’évidence n’est pas respectable quand on n’est pas en danger. Je déduis donc que Laurent Gbagbo se sent en danger s’il reconnaît que GAK et lui se connaissaient. Un de leurs « amis » communs, Garnault nous a appris, lors de notre séjour en Côte d’Ivoire, que les deux hommes se tutoyaient. Guy-André, excessivement courtois et bien éduqué n’avait pas le tutoiement facile. Il ne se serait jamais adressé à un chef d’Etat en le tutoyant s’ils n’étaient pas proches. Dans les années 80, lorsque Laurent Gbagbo était en exil en France et qu’il était fréquemment reçu à Tropique FM avec Bernard Doza, nous l’avons, avec Guy-André, à plusieurs reprises rencontré et discuté avec lui. Bernard a un moment nous avait même sollicités pour l’aider à faire la communication de Gbagbo. Mais sans doute, nous dira t’il ne pas connaître Bernard Doza… Depuis l’enlèvement de Guy-André, le parti pris par le président ivoirien de nier toute relation avec GAK m’interpelle. A t’il peur de passer pour un traître en laissant enlever, voire assassiner quelqu’un qui pouvait attendre de lui un minimum de protection ? Craint-il que ses autres amis se posent la question de savoir s’il pourrait se détourner de la même façon d’eux s’il leur arrivait d’être la cible de quelques proches de la présidence ? Pourquoi, lors de notre entretien m’a t’il dit, la main sur le cœur « Guy-André est vivant, j’en suis sûr. Guy-André est mon ami, nous allons le retrouver » ! Me prenait-il pour une "bonne pâte" ? L’autre question que je me pose est celle de savoir si on a besoin de connaître quelqu’un quand on est responsable d’un Etat pour se sentir responsable de sa sécurité ? Doit-on laisser torturer, assassiner quelqu’un parce qu’on n’a pas été chaparder des goyaves ou des mangues avec lui quand on était jeune ? Je pense que ce déni n’honore pas celui qui le professe. Mon époux est un homme de conviction, de fidélité et c’est sans doute son grand tort. Osange Silou-Kieffer |  | | Extradition et équité en Côte d'Ivoire ? | 05 Mars 2006 à 16:09 | | Dans un communiqué à l'AFP du 3 mars 2006, la famille de Guy-André KIEFFER, enlevé en Côte d'Ivoire en avril 2004, s'interroge sur la suite qui sera réservée à la demande de "remise temporaire" formulée par la justice française à l'encontre de l'un des principaux suspects ivoiriens, Michel LEGRE: " Tout le monde se félicite de la célérité avec laquelle le président ivoirien Laurent GBAGBO a répondu à la demande d'extradition formulée par les autorités françaises à l'encontre de Youssouf FOFANA, présenté comme étant le responsable présumé du "gang des barbares". Soit. Mais avant d'accorder à M. GBAGBO un brevet définitif de bonne volonté , il convient de rappeler que la justice française attend vainement depuis plusieurs mois la "remise temporaire" de Michel LEGRE, proche du président ivoirien Laurent GBAGBO, en raison de sa probable implication dans l'enlèvement à Abidjan, le 16 avril 2004, et la disparition du journaliste français Guy-André KIEFFER. Michel LEGRE a été mis en examen par la justice française pour "enlèvement et séquestration", griefs auxquels la justice ivoirienne a ajouté celui d'assassinat (sic). Après avoir été détenu plusieurs mois à Abidjan, ce suspect a été remis en liberté à la veille de la prolongation du mandat présidentiel de Laurent GBAGBO, fin octobre 2005. La demande de "remise temporaire" formulée par les juges d'instruction, qui permettrait à la justice française d'interroger sereinement ce suspect ivoirien à Paris, loin de toute pression politique, ne semble manifestement pas susciter le même intérêt que l'extradition de M. FOFANA, ni du côté ivoirien, ni même du côté des autorités françaises qui ne me semblent pas s'être publiquement exprimées à ce sujet. Faut-il rappeler ici que des rumeurs persistantes donnent à penser que Guy-André KIEFFER aurait été, lui aussi, torturé puis exécuté après avoir été enlevé ?" |  | | Enquête : une avancée décisive ? | 01 Fév. 2006 à 17:06 | | Dans une déclaration commune, Reporters sans frontières et l'épouse de Guy-André Kieffer, Osange Silou-Kieffer, font part de leur espoir face à une avancée déterminante dans l'enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien, le 16 avril 2004 à Abidjan. Suite à de nombreuses incohérences dans ses dépositions, Jean-Tony Oulaï, un capitaine de l'armée ivoirienne affirmant avoir fait partie des services spéciaux, a été arrêté, mis en examen et écroué en France. Des éléments concordants laissent penser qu'il a pu être le chef du commando qui a kidnappé et fait disparaître Guy-André Kieffer. Par ailleurs, les juges Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos doivent se rendre en Côte d'Ivoire le 16 février pour une mission d'une semaine, en vertu d'une cinquième commission rogatoire internationale. « A l'évidence, l'enquête avance. Les interrogatoires de Jean-Tony Oulaï vont pouvoir se dérouler dans un climat serein, loin de la pression qui s'exerce sur les témoins restés en Côte d'Ivoire. Si le travail des juges Ramaël et Ducos n'est pas une fois de plus entravé, nous avons bon espoir de connaître bientôt la vérité. C'est dans cet esprit que nous appelons le gouvernement ivoirien à accepter le transfert en France de Michel Legré dès que possible », ont déclaré Reporters sans frontières et Osange Silou-Kieffer. Arrêté le 11 janvier 2006 en banlieue parisienne, Jean-Tony Oulaï a été mis en examen pour « enlèvement » et « séquestration », le 13 janvier, dans l'affaire de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer instruite par les juges d'instruction Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos. Après que l'avocat de Jean-Tony Oulaï eut interjeté appel de sa mise en détention provisoire, la quatrième chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a finalement confirmé son maintien à la prison de la Santé, à Paris, le 26 janvier. Accusé par deux membres de sa garde rapprochée, en mai 2004, d'avoir supervisé l'enlèvement de Guy-André Kieffer, le capitaine Oulaï nie avoir été présent à Abidjan ce jour-là. Or, les relevés de son téléphone portable prouvent le contraire. Lors d'un interrogatoire, le 13 janvier 2006, il a finalement reconnu s'être trouvé à Abidjan, affirmant que les policiers avaient « mal résumé » ses premières déclarations, mais nie avoir participé à l'enlèvement. De son côté, les deux témoins qui l'ont accusé d'avoir supervisé l'opération se sont rétractés, prétendant avoir voulu faire « une plaisanterie ». |  | | Le plaidoyer pour GAK récompensé | 31 Janv. 2006 à 19:33 | | Le prix du jeune talent a été attribué à Benoit Kossi Afangbedji, avocat togolais pour l'affaire Guy-André Kieffer, preuve de la violation de la liberté d'expression et de la presse en Côte d'Ivoire au 17ème concours de plaidoirie du mémorial de Caen. Par ailleurs, le jury présidé par la cantatrice Barbara Hendricks a inscrit le dossier de GAK parmi les trois dossiers qui bénéficieront d'un suivi.Kossi Afangbedji a émis le souhait de rejoindre le collectif des avocats, ce qui porte à 11 le nombre des avocats saisis du dossier. Vous pouvez retrouver la plaidoirie en vidéo sur le site du memorial de Caen : http://www.memorial-caen.fr/portail/accueil/hp_4.asp |  | | Un billet d'Eric FOTTORINO dans "Le Monde" | 29 Janv. 2006 à 17:36 | | | Eric FOTTORINO écrit ceci dans "Le Monde" du 19/01/2006: "Les chances sont minces de retrouver un jour vivant le journaliste Guy-André KIEFFER. Enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan, il enquêtait sur les détournements de la filière du cacao en Côte d'Ivoire. Ses articles ne plaisaient guère au président GBAGBO, qui tenait sa prose pour nulle et mensongère. Un rapport de l'U.E. vient de confirmer les conclusions de notre confrère. L'argent du cacao tombe dans les mains du clan au pouvoir. C'est désormais une vérité officielle pour laquelle le journaliste a payé trés cher". |  | | La famille de Guy-André KIEFFER interpelle à nouveau les autorités publiques françaises et ivoiriennes | 29 Janv. 2006 à 17:29 | | | Courant janvier 2006, la famille de Guy-André a écrit au nouveau premier ministre ivoirien, Charles Konan Banny, ainsi qu'au ministre Philippe Douste-Blazy et à l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, André Janier, pour leur demander de faire toute la lumière sur la disparition de Guy-André, 18 mois après son enlèvement. Faute de réponse, la famille a relancé le premier ministre ivoirien fin mars 2006. Le Quai d'Orsay a reçu la famille proche de GAK le 31 mars (voir plus haut, compte rendu de cette rencontre). |  | | Noël Mamère et Tiken Jah Fakoly
porte-parole du comité de soutien
à Guy-André Kieffer | 12 Janv. 2006 à 15:47 | | Le député vert Noël Mamère, maire de Bègles en Gironde et le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly ont rejoint le comité de soutien à Guy-André Kieffer en qualité de porte-parole. C'est un soutien de poids que nous apportent ces deux personnalités épris de justice. La famille de Guy-André les remercie profondément et espère que l'engagement de Messieurs Mamère et Fakoly vont permettre au dossier de GAK d'avoir la visibilité qu'il mérite. |  | | Portrait-interview d'Osange,épouse de Guy-André, dans "Libération". | 05 Janv. 2006 à 21:02 | | Osange Silou-Kieffer, 48 ans, journaliste, se bat pour que la France l'aide à lever le voile autour de la disparition de son mari Guy-André Kieffer, enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan. Femme en quête par Olivier BERTRAND QUOTIDIEN : jeudi 29 décembre 2005 Chez elle, le salon est encombré de livres, de statues, d'objets d'art africain, antillais. Osange Silou-Kieffer est journaliste, «spécialiste de cinéma négro-africain». Son mari aussi travaillait comme journaliste. Pour la Tribune puis en indépendant, en Côte-d'Ivoire, où il enquêtait sur des détournements d'argent mettant en cause des proches du pouvoir. Elle parle parfois de lui au présent, parfois à l'imparfait, lorsqu'elle se relâche. Guy-André Kieffer a été enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan. Les chances qu'il soit encore en vie sont extrêmement minces, mais son épouse s'accroche, veut y croire et se bat pour que la France l'aide à savoir ce qui est arrivé. Qui a enlevé son mari, pour qui et pourquoi. Dates Osange Silou-Kieffer en 5 dates 15 septembre 1952 Naissance en Guadeloupe. 17 septembre 1979 Rencontre avec Guy-André à Ottawa (Canada). 4 mai 1986 Naissance de Cannelle. 30 janvier 2004 Départ de Guy-André pour Abidjan. 16 avril 2004 Enlèvement de Guy-André. Elle maintient souvent la tristesse à distance d'un rire très sonore. Osange Silou dégage une force, une bonne humeur, malgré la lassitude, la colère contre le manque de mobilisation en France autour du cas de Guy-André. Elle continue d'écrire sur le cinéma, de s'occuper de leur fille, et passe le reste de son temps à enquêter, recouper des informations loufoques ou sérieuses, faire que l'on n'oublie pas son mari, dont elle porte aujourd'hui les chemises à carreaux. Ils se sont rencontrés il y a vingt-cinq ans, à Ottawa. Guy-André, «grand mec dégingandé, bel homme, amoureux de poésie, de cinéma», avait 30 ans, elle 27. Il avait deux garçons et la nationalité canadienne, acquise par mariage. «Guy-André avait beaucoup d'affection pour ce pays qui n'avait jamais eu de colonies», dit-elle. Le dégoût du colonialisme les a rapprochés. Osange avait obtenu une bourse pour étudier le journalisme à l'université McGill, après une maîtrise de sociologie. Lui, attaché parlementaire d'un député canadien, préparait un colloque. L'une de leurs premières conversations a concerné deux sociologues noirs qui n'avaient pu venir pour ce colloque. Les convictions de Guy-André, pense-t-elle, avaient grandi en réaction à celles de sa famille. Issu d'une bourgeoisie alsacienne ancrée à droite, il était plutôt trotskiste, idéaliste. Chez elle, «la négritude est une appartenance». Un engagement qui remonte à loin. «Guévariste, tendance Malcom X et Martin Luther King», Osange Silou est guadeloupéenne. Son prénom vient des Caraïbes, son nom du Congo, d'où ses ancêtres ont été arrachés pour être réduits en esclavage. Elle sait très peu de ses parents, et se passionne visiblement plus pour les racines collectives culturelles que pour l'histoire familiale. Elle sait seulement qu'ils étaient cultivés, elle a retrouvé des poèmes de sa mère, morte quand elle avait 3 ans. Le père a mis les voiles, elle ne l'a retrouvé que plus tard. Une tante castriste a élevé la gamine en Guadeloupe. Le sang maternel mêlerait les origines caraïbes et métropolitaines. Celui du père, caraïbes et africaines. L'enfant devait s'appeler Marie-Chantal, mais son père l'aurait déclarée en douce Osange, nom d'une vestale caraïbe, «shaman au féminin, qui détient les clés du savoir». La fille se dit fière de ce pied de nez paternel «à la blanchitude de sa belle-famille». Elle a découvert la métropole au début des années 70, en venant faire ses études de sociologie à la Sorbonne. Elle militait beaucoup, mais pas avec les indépendantistes antillais. «Ça me faisait suer de négocier entre une francitude et une négritude, dit-elle. J'étais attirée par des gens plus affirmés dans leur identité. J'ai fréquenté la Maison des étudiants congolais, les Voltaïques, les Zaïrois, les comédiens africains de la Cité universitaire.» Ils se battaient ensemble contre les régimes corrompus de leurs pays et des réseaux de solidarité se sont noués. Osange reste proche de camarades devenus ministres ou présidents en Afrique. Elle possède un carnet d'adresses africain impressionnant. Lorsqu'elle est venue à Abidjan, quinze jours après l'enlèvement de son mari, elle a rappelé à Laurent Gbagbo, dans son palais, l'époque où ils combattaient Félix Houphouët-Boigny. Guy-André lui aussi avait ses entrées au palais, et des amitiés qu'il pensait protectrices. Le journaliste est resté là-bas deux ans, jusqu'à son enlèvement. Osange ne voulait pas qu'il parte. «Dans ces pays fabriqués artificiellement, la violence est omniprésente, dit-elle. Quand les gens respectent à peine leur propre vie, alors celle des autres vaut que dalle. Je lui ai dit : "Tu vas te faire tuer." Mais il est fondamentalement journaliste. Moi, je suis peut-être plus chercheuse, plus méfiante.» Bernard Kieffer, l'un des frères de Guy-André, le dit autrement : «Osange mène des combats mieux balisés, plus prudents. Mon frangin était plus idéaliste, plus naïf aussi.» En mai 2004, en allant à Abidjan avec Osange, Bernard Kieffer a découvert cette belle-soeur qu'il connaissait peu. Il était rarement allé chez eux à Paris, où il fut fasciné par le «va-et-vient incessant d'artistes africains». Ils se fréquentaient rarement. «Elle est cultivée, secrète, très forte. Elle se livre très peu, elle est pudique, elle paraît parfois étanche à l'émotion. Je crois qu'elle garde cela pour elle.» A Abidjan, l'ambassadeur a commencé par douter de la légitimité de l'épouse. Guy-André vivait là-bas avec une autre femme, ghanéenne. «Je lui ai dit que si je dressais un bûcher pour y brûler tous les hommes infidèles, il ne resterait plus grand monde avec qui parler, raconte Osange. Cette femme devait être aussi malheureuse que moi, cela ne le regardait pas.» L'ambassadeur a voulu se rattraper en confiant à l'épouse qu'il était «fasciné par [sa] parfaite maîtrise du français». Elle lui a répondu que la Guadeloupe était française depuis 1635, et que cela aidait. Quand Guy-André a été enlevé, elle est restée quelques jours avant de pouvoir l'annoncer à leur fille, Cannelle, 17 ans à l'époque. Puis quelques mois ont passé et il a fallu préparer l'adolescente, lui dire que la mort de son père était probable. «Elle est restée plusieurs jours à pleurer, elle ne voulait plus manger. Puis elle est m'a dit de ne plus lui parler de cette histoire tant que je ne saurais pas répondre à trois questions : qui, comment et pourquoi ?» Depuis, Cannelle a eu son bac, a commencé des études de droit, et s'investit aux côtés de sa mère pour faire en sorte que l'on n'oublie pas son père. Osange fouille chaque piste qui se présente, étudie chaque document qu'elle reçoit. Lorsque cela paraît sérieux, elle renvoie vers le juge français qui instruit déjà l'assassinat du journaliste Jean Hélène, en Côte-d'Ivoire, et la disparition de l'opposant algérien Mehdi Ben Barka, en 1965 à Paris, et dont le corps n'a jamais été retrouvé. «Quand tu as un corps, dit Osange, tu peux pleurer dessus, l'enterrer ou l'incinérer. Là, c'est terrible. Tu es comme un oiseau en vol, figé dans l'espace. Tout le reste s'arrête. Tu vis, tu travailles, mais tout te ramène là. Je ne pourrai pas rester longtemps sans savoir.» Elle dit que son mari peut être séquestré quelque part. Un avion présidentiel a quitté discrètement Abidjan pour la Guinée-Bissau, le jour de l'enlèvement. «Même s'il n'y a qu'une chance infime que mon mari soit quelque part, les fers aux pieds, il faut positiver cette chance. Ce serait terrible qu'il apprenne dans une geôle que je me suis résignée.» Elle sent qu'elle «perturbe» ceux qui ont admis l'idée de sa mort. «Mais l'essentiel, dit-elle, est de se battre ensemble pour savoir ce qui s'est passé...» |  | | Communiqué des familles KIEFFER et NERAC | 05 Déc. 2005 à 12:30 | | La conférence de presse qui s'est déroulée le 2 décembre au Club de la presse de Lyon, en présence : - des parents de Guy-André KIEFFER (GAK) et des parents de Fred NERAC - de l'épouse de GAK (Osange), de ses frères Bernard et Eric, - de l'avocate de la famille KIEFFER, Me Chantal HOUNKPATIN - du responsable Afrique de Reporters sans frontières, Léonard VINCENT, (Florence AUBENAS ayant demandée à être excusée, du fait du procès d'Outreau), a permis aux familles concernées : - de remercier le Comité de soutien et RSF qui se mobilisent depuis plusieurs mois sur ces deux affaires, - de remercier la Ville de Lyon, qui a lancé une importante campagne d'affichage, et la société DECAUX qui s'y associe, et de faire un point complet sur l'avancement de ces deux affaires. 1/ Les parents de Fred NERAC ont donné lecture du message transmis par Fabienne, l'épouse de Fred NERAC et ont indiqué que les autorités anglaises et américaines ont communiqué au Quai d'Orsay les résultats des enquêtes ainsi que des images et des photos. Ce sont ces documents qui ont conduit le Quai d'Orsay à affirmer que Fred NERAC « serait » décédé au cours d'une fusillade entre Irakiens et Américains. La famille NERAC estime que, même s'il ne reste qu'une infime chance que Fred soit encore vivant, cette chance ne doit pas être laissée pour compte tant que l'on n'aura pas la preuve définitive de son décès. Elle a rappelé qu'aucun enquêteur français ne s'est rendu sur place depuis la disparition de Fred NERAC, tout en rendant cependant hommage aux efforts faits par le Quai d'Orsay pour découvrir la vérité. 2/ La famille de Guy-André KIEFFER a, d'abord rappelé qui est GAK : un journaliste épris de justice et désireux d'aller enquêter sur le terrain, appelé en Côte d'Ivoire en 2000 pour contribuer à la réorganisation de la filière cacao en Côte d'Ivoire. Lorsque cette mission a tourné court, GAK est resté sur place, pour enquêter sur l'argent du cacao, le financement de l'armement, les transferts de fonds occultes entre la Côte d'Ivoire et la Guinée-Bissau, etc. Il a été enlevé à Abidjan le 16 avril 2004. Malgré la détermination des juges français, Patrick RAMAEL et Emmanuelle DUCOS, nul ne sait à ce jour ce qu'il est devenu. Le principal suspect, Michel LEGRE (beau-frère de l'épouse du président GBAGBO) a été remis en liberté provisoire fin octobre 2005. Diverses informations, plus ou moins crédibles, sur le sort de GAK sont remontées vers la famille depuis la « lettre ouverte aux Ivoiriens » qu'elle a publiée en septembre dernier. La famille de GAK ne dispose actuellement d'aucune possibilité de vérifier ces informations sur place. Certains de ces informateurs affirment que GAK aurait été exécuté. Le dernier en date affirme qu'il aurait été transféré par la présidence ivoirienne en Guinée-Bissau où il serait détenu. Léonard VINCENT (RSF) a invité la presse française à peser de tout son poids sur les affaires KIEFFER et NERAC en demandant à tous ceux qui se mobilisent « de devenir un problème pour ceux qui bloquent ces affaires ». « Il faut faire sauter les blocages politiques par la mobilisation », a-t-il ajouté. Bernard KIEFFER a dénoncé la « langue de bois » du Quai d'Orsay et de l'Elysée qui, dans l'affaire GAK, se réfugient désormais systématiquement derrière la procédure judiciaire en cours pour justifier leur non intervention. Cette attitude ne répond en rien à l'attente de la famille qui constate que cette enquête bute de puis plusieurs mois contre le mur de silence instauré par la présidence ivoirienne. Sans intervention politique forte de la diplomatie française, l'affaire KIEFFER n'avancera pas. Me Chantal HOUNKPATIN a évoqué la raison d'Etat(s) qui entrave la manifestation de la vérité, alors même qu'avec l'enlèvement de GAK, c'est un « passeur de vérité » qui a disparu. Elle a évoqué également la constitution d'un collectif de 14 avocats sur le dossier GAK, décidé à faire reculer cette « raison d'Etat(s) ». Il faut, a-t-elle ajouté que « pour les pouvoirs publics français, ne rien faire soit un problème plus grand encore qu'intervenir ». Pour finir, Jacques KIEFFER, père de GAK, a souligné que son fils a sans doute payé très cher le fait d'avoir eu raison trop tôt. Il faisait ainsi référence à un récent rapport de l'ONU, sur les malversations qui affectent profondément la filière cacao, rapport dont les conclusions collent très précisément à celles que GAK développait dans ses propres écrits. Les parents de Fred NERAC et de Guy-André KIEFFER ont souligné combien de telles situations sont difficiles à vivre pour les proches, en particulier pour les enfants et les épouses des deux journalistes concernés. Contact-presse sur Lyon : Bernard KIEFFER 06 80 53 73 21 ou bkieffer@tele2.fr |  | | Un communiqué du SNJ-CGT | 17 Nov. 2005 à 14:17 | | Le journaliste Guy-André Kieffer a disparu en Côte d’Ivoire depuis le 16 avril 2004 (soit 578 jours). Le tort de Guy-André, spécialiste des matières premières ? Avoir pris le parti des petits producteurs de cacao, mais surtout avoir mis au jour les filières de l’argent et des sociétés de blanchiment. Il se sentait menacé. Le comité de soutien pour la vérité sur la disparition de Guy-André Kieffer, auquel participe le SNJ-CGT, a tenu une conférence de presse le mardi 15 novembre, à laquelle participait un collectif de quinze avocats qui vient de se créer pour soutenir l'action du comité et ne pas laisser enterrer l’affaire ! Selon les avocats, le mutisme sur cet enlèvement est intimement lié à la raison d’Etat. La justice est saisie suite à une plainte de la famille et une commission rogatoire internationale est en cours. Le juge d’instruction français Ramael n’a pas ménagé ses efforts. Son enquête préliminaire l'a mené en Côte d'Ivoire dans l'entourage du président Gbagbo; le beau-frère du président, Michel Legré, cité par des protagonistes aurait disparu. Par ailleurs, les noms des commanditaires et des acteurs présumés de l’enlèvement sont cités dans le dossier d’instruction. Ces personnes, très proches du président Gbagbo, n’ont pourtant pas été entendues. Les autorités ivoiriennes ont la volonté de soustraire à la justice les principaux acteurs de l’affaire, notamment deux militaires. En France, l’audition de plusieurs personnalités a été demandée par les avocats; en vain. Les avocats souhaitent donc la déclassification de certaines pièces classées secret-défense. Depuis la nomination de Philippe Douste-Blazy au ministère des affaires étrangères, le dossier semble ne plus avancer; le gouvernement se réfugiant derrière la commission rogatoire internationale. Pour le SNJ-CGT, le Comité et les avocats, il appartient pourtant aux autorités françaises d’aider la justice à la manifestation de la vérité ; or la France est muette ! Le SNJ-CGT va donc demander un rendez-vous au ministre des affaires étrangères et va saisir la Fédération Internationale des journalistes (FIJ). |  | | L'affaire Kieffer évoquée par le Quai d'Orsay | 17 Nov. 2005 à 14:15 | | La France a réitéré sa demande pressante aux autorités ivoiriennes de résoudre le mystère de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, en avril 2004 à Abidjan. "Nous continuons à suivre ce dossier avec une grande attention et nous attendons des autorités ivoiriennes qu'elles fassent toute la lumière sur cette affaire", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattei. Un collectif d'avocats et des proches du disparu avaient demandé mardi à Paris d'accélérer l'enquête. Deux magistrats parisiens, Patrick Ramaël et Emmanuelle Ducos, ont recueilli lors de quatre déplacements à Abidjan entre mai 2004 et février 2005 des témoignages mettant en cause l'entourage du ministre de l'Economie ivoirien et de Simone Gbagbo, épouse du président de la Côte d'Ivoire. Les magistrats envisagent l'hypothèse d'un crime à mobile politique. Guy-André Kieffer, journaliste indépendant, collaborait notamment à La Lettre du continent et était spécialisé dans les questions de matières premières, notamment le cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. Les enquêteurs ont établi qu'il avait été enlevé sur un parking d'Abidjan le 16 avril 2004. En Côte d'Ivoire, Michel Legré, beau-frère de l'épouse du président Gbagbo, a été mis en examen pour "complicité d'enlèvement, de séquestration et d'assassinat" et écroué fin mai 2004 avant d'être dernièrement libéré. Les juges souhaitent qu'il soit entendu en France. (Reuters) |  | | Communiqué AFP | 04 Nov. 2005 à 11:00 | | Communiqué AFP de la famille de Guy-André KIEFFER à propos de la mise en liberté provisoire de Michel Legré, principal suspect. Cette mise en liberté, intervenue à la veille de la date officielle d'expiration du mandat du président Gbagbo, n'est certainement pas le fruit du hasard... Elle est de nature à compromettre gravement les investigations de la justice française qui réclamait vainement le transfert à Paris de ce témoin capital depuis plusieurs mois. La rumeur nous dit d'ailleurs que ce suspect aurait déjà été exfiltré vers l'Angola par la présidence ivoirienne... |  | | Une lettre de la famille de GAK aux ivoiriens | 18 Sept. 2005 à 18:12 | | La famille de Guy-André Kieffer, le journaliste franco-canadien disparu depuis 17 mois en Côte d'Ivoire, a lancé un appel dans une lettre ouverte mercredi 14 septembre aux Ivoiriens pour tenter de retrouver sa trace. "Voilà plus de 500 jours que nous sommes sans aucune nouvelle de lui et ne savons pas ce qu'il est devenu. Est-il mort ? Est-il séquestré quelque part ?", écrit le frère du journaliste, Bernard Kieffer, dans cette "lettre ouverte à tous les Ivoiriens de bonne volonté" en particulier adressée à des quotidiens ivoiriens. "Nous, sa famille, ses parents, son épouse, ses enfants et ses frères, lançons un appel à tous les Ivoiriens de bonne volonté. Cet appel n'est inspiré ni par la haine, ni par une quelconque volonté de vengeance", indique cette lettre. "Si Guy-André n'est plus de ce monde, nous voulons tout simplement savoir où se trouve son corps, le récupérer et lui donner une sépulture décente", poursuit le texte. Bernard Kieffer affirme garantir une confidentialité totale aux personnes qui détiendraient des informations et les lui transmettrait. Guy-André Kieffer a disparu le 16 avril 2004 à Abidjan alors qu'il enquêtait sur des malversations dans la filière cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. |  | | Dossier référentiel sur l'affaire GAK et revue de presse. | 10 Juil. 2005 à 13:17 | | | Diffusion vers le Club de la presse de Lyon et vers les rédactions nationales sensibilisées à cette affaire, d'un dossier référentiel sur l'affaire de Guy-André KIEFFER et une revue de presse.Ce dossier peut être communiqué par voie postale sur demande adressée à bkieffer@tele2.fr |  | | Guy-André Kieffer, par Eric Fottorino | 11 Mai 2005 à 17:49 | | Non, ce n'est pas aujourd'hui, ce n'était pas hier, un jour anniversaire. C'était un jour comme les autres, un jour de plus et un jour de trop dans le sablier de l'attente. Un an et d'étouffantes poussières que Guy-André Kieffer a disparu en Côte d'Ivoire, où il enquêtait sur la filière du cacao. Dans les années 1970, quand le pays d'Houphouët-Boigny supplanta le Ghana comme premier producteur mondial de fèves, on prétendait à Abidjan que le cacao était la bombe atomique de la Côte d'Ivoire. Alors admettons que Guy-André a joué avec le feu, avec sa vie. L'appeler de son seul prénom n'est pas de notre part une simple familiarité. Près de deux années durant, il y a tout juste vingt ans, à La Tribune de l'économie, nous avons partagé le même bureau, partagé la même passion des matières premières, celle des pays à vanille, à cuivre, à coton, à café. A cacao, bien sûr. L'un disait arabica l'autre répondait Brésil et Colombie. L'un lançait robusta et l'autre répondait Kenya, Cameroun. L'or allait avec l'Afrique du Sud, l'étain avec la Bolivie, le caoutchouc naturel avec la Malaisie. C'était un monde, celui des ressources naturelles. Avec des mystères en sous-sol. Des croyances et des légendes. Franco-canadien, comme le qualifient à présent les dépêches d'agences, Guy-André était pour nous un gars du Manitoba, comme il le soulignait lui-même. Au début, par ignorance et incrédulité, on supposait qu'il se payait notre pipe. C'était où, ça, le Manitoba ? Pourtant il était bien originaire de ces lointains-là, GAK. On l'appelait par ses trois initiales accolées, GAK. On ne savait pas grand-chose de lui, sauf qu'il avait le cœur fragile. Il ne lui fallait pas trop d'émotions. Et s'il parlait un peu de ses voyages, de ses découvertes, de ses intuitions journalistiques, c'était avec le rouge aux joues d'un gamin pris les doigts dans la confiture. Ce n'est pas insulter le souvenir que de le rappeler : sa pratique de notre métier n'était pas des plus orthodoxes. De quelques informations recueillies par ses soins auprès de sources qu'il protégeait jalousement, il échafaudait un monde incertain et parfois inquiétant, fait de complots et de coups tordus. Il provoquait volontiers, il mettait à mal nos certitudes, nous forçait à éprouver nos propres convictions. Puis un beau jour on n'a plus entendu parler de lui. Disparu, Guy-André ? Un ami nous apprit qu'il cheminait quelque part sous les tropiques, sur la piste du cacao. Qu'il enquêtait sur des malversations. Qu'il avait voulu voir de plus près cet or brun et l'enjeu qu'il représentait dans un pays en pleine convulsion. Il enquêtait pour le compte de La Lettre du continent, une publication spécialisée sur l'Afrique. Le 16 avril 2004, il a disparu pour de bon. De quoi a-t-il été témoin ? Qu'a-t-il appris qu'il ne devait pas apprendre ? Nul ne peut répondre. Son épouse, Osange, veut garder l'espoir, même si elle sait bien que Guy-André n'est pas caché "derrière un plant de cacao" . L'enquête, menée par un juge français, s'est concentrée sur la personne de Michel Legré, un proche du couple Gbagbo, considéré comme le suspect principal. Cet homme est le dernier à avoir vu notre confrère vivant. Peut-être aussi l'a-t-il vu sans vie. Il est vraiment temps de savoir. Le Monde, 12 mai 2005 |  | |
|